lundi 26 décembre 2011

J'ai douze ans...

J'ai douze ans..., Inès de Kertanguy, JBz & Cie.

Je suis venue à la Fnac, j'ai vu et j'ai pas vaincue, j'ai même été battue à pleine couture, par qui? Par Inès de Kertanguy qui signe avec J'ai douze ans... son septième roman (si je compte bien). Première oeuvre que je découvre de cet auteur et pas des moindres. J'ai succombé à son style plein de fureur, qu'elle nous décrive des cauchemars, des moments de doute ou de colère.

J'ai douze ans... raconte les deux ans de -presque- solitude d'un garçon dont on ignore le nom, enfermé par sa mère et son beau-père dans un placard sous le toit de leur maison. Enfant non désiré et détesté de sa mère il comprend, subit et les coups, et les insultes et pour finir l'enfermement. Il aime sa mère, aimerait bien lui dire et être aimé d'elle mais il ne l'a pratiquement pas revue depuis que la porte de sa prison a été vérouillée. Il parle avec son demi-frère, enfant chéri, qui a huit ans et le droit de connaître la vie normale contrairement à lui.
Il se dit qu'il a mérité sa prison, les mauvais traitements, les rations réduites et le manque d'espace et se confit dans son cahier d'école (un des rares objets qu'il a avec lui). Mais il grandit et saisit peu à peu que quelque chose cloche, soit chez lui soit chez sa mère. Et quand, après un an de captivité il arrive enfin à atteindre le vasistas et à sortir respirer sur le toit lorsque la maison est vide de ses habitants officiels, il comprend que la situation doit cesser.

Le début rapelle un peu Room, mais là, pas d'amour, pas de découverte du monde puisque le jeune héros le connaissait déjà, plus une découverte de soi. Une histoire d'enfance, de début d'adolescence et de lien entre un fils et sa mère, un lien fusionnel non pas dans l'amour mais dans le rejet puis la haine. Une vraie perle. Sur la quatrième de couverture il est écrit: "Un roman boulversant, qu'on ne lâche pas, qui vous prend à la gorge de la première à la dernière ligne", j'acquiesce volontiers, on est prit non par l'histoire mais par le héros lui-même qui se révèle rapidement plus adulte qu'il ne paraît:
" Pour la première fois, je me dis que ma mère est malade et soudain, pourquoi? comment? je remarque que je ne souffre plus.
  Devant une telle évidence, c'est comme si d'un coup mes larmes s'étaient taries.".

Le Journal d'un raté

   Journal d'un raté, Edouard Limonov, Albin Michel.

   J'aime bien les génies, les fous et les fous qui sont géniaux, ou l'inverse.
Comme j'ai longtemps hésité et que c'est à la suite de cette critique:  ici que je me suis dis "va donc le lire puisque tu en meurs d'envie", et que je trouve que la critique a déjà tout dit je fais de la pub et je ne vais rien ajouter, juste donner mon avis (bien simple): à lire quand on a l'esprit très ouvert sur le cynisme et un peu tourné vers la folie.
Esprits sensibles s'abstenir, ce livre est réservé aux gentils tarés en mal de lecture géniale et très incorrecte dans les bienséances.
En gros: j'adore! Et je m'en vais de ce pas chercher les autres livres de Limonov!

Le Monde à ses pieds

Le Monde à ses pieds, Géraldine Maillet, éditions J'ai Lu.

Tiens, une nouvelle critique, ça faisait longtemps. Et oui, avec le travail et le manque de concentration je n'arrive plus qu'à lire les livres chapitre par chapitre trèèès lentement. C'est épuisant. Mais bref. Maintenant que Noël est passé et que mon tas de lecture s'agrandit dangereusement il est temps de s'y remettre, non?

C'est à la suite du téléfilm Le Monde à ses pieds passé il y a quelques mois à la tété (mais si, avec la nouvelle miss météo de Canal +) que j'ai eu envie de découvrir le livre qui avait plus qu'inspiré le petit écran. Curieuse je me suis donc procurée le petit volume de 222 pages qui relatent la courte vie de Ruslana, toute jeune fille de 16 ans belle comme ce n'est pas permis et nouvelle grande mannequin à la mode. Tout juste débarquée de son petite ville d'Almaty (Kazakhstan) elle se retrouve à faire le tour du monde pour les plus grandes marques et les plus grands photographes. Mais ce qui commence en conte de fée termine en véritable histoire d'horreur pour elle.

Ce roman inspiré de l'histoire vraie de la jeune Ruslana n'est pas une nouveauté dans le genre et l'écriture -bien qu'agréable- est assez simple. Mais je pense que c'est ce qui colle le mieux pour ce genre de récit qui frôle la tragédie, pas de pathos, pas besoin de paquets de mouchoirs, juste des faits. Un bon roman pour qui aime bien faire un tour dans le monde dans la mode sans en ressortir écoeuré des clichés.

Pour les curieux, voici une photo de Ruslana, l'affiche du téléfilm et l'une de ses plus célèbres publicités.

 


dimanche 27 novembre 2011

Les Agents Littéraires: Ciel rouge le soir


                                              Ciel rouge le soir, Cathy Borie, édition Les points sur les i.

Quatrième de couverture: " La conscience commune de la solitude de chacun rapproche certains êtres plus que ne le ferait un amour intense et partagé. Une femme mûre, mariée, rencontre un homme, jeune. Elle en tombe amoureuse. Mais aucune relation n'est possible entre eux pour diverses raisons, et ce sont ces multiples obstacles qui la font s'interroger sur sa vie , sur ce qu’elle est, et sur le sens qu’elle veut donner aux années qui lui restent. Ciel rouge le soir est l’histoire de cette rencontre, de ses emportements, de ses hésitations, et des décisions que l’on prend pour échapper à l’usure du temps."

On apprend dans sa biographie que Cathy Borie a déjà écrit plusieurs recueils de nouvelles et romans. Il est écrit aussi que Ciel rouge sur le soir est sa première pièce de théâtre. « Théâtre d’aujourd’hui » indique la couverture. Tout cela paraît très bien… Y aurait-il un mais ?

Une histoire assez banale : une femme mariée, ayant la cinquantaine, qui tombe amoureuse du premier jeunot qui a eu l’incroyable audace de se pencher sur ses œuvres d’illustratrice et de comprendre ce qui se cache derrière. Un mari quasi absent, une fille de vingt-cinq ans qui squatte encore chez ses parents et une vieille amie d’enfance qui se la joue femme célibataire et fière de l’être. Le tout mélangé, cela devrait donner quelque chose de fort sympathique, de même agréable, une histoire parfaite pour qui adore lire et découvrir de nouveaux auteurs.

Mais non. Il s’agit d’une pièce écrite à la manière « nouvelle cachée sous le mot théâtre ». On y voit des personnages réunis dans une seule et même pièce : le salon. On y entend des personnages parler comme dans un roman et on attend. On attend que l’histoire commence, que les longs discours sur l’amour du sudoku ou encore sur les aléas intérieurs de la femme sans problème qui s’en fabrique par ennui, disparaissent pour laisser place aux vrais dialogues.

Claire, héroïne de la pièce, a tout pour être heureuse mais se complaint à se persuader du contraire et trouve avec l’arrivée de son possible futur amant, Joseph, l’occasion idéale de quitter un quotidien ennuyeux. Les relations entre tous ces personnages, bien que précises sont justes ébauchées, on ne ressent pas l’amour débordant de Claire, le trouble de Joseph, l’humour de Sophie ou encore l’agacement de la fille, Léa (le mari, Bernard n’étant là que pour combler le vide que Joseph provoque lorsqu’il n’est pas sur scène).

Des dialogues longs et lents, des personnages flous et sans consistance, voilà une histoire qui aurait donné quelque chose de génial en roman ou en nouvelle et qui malheureusement se retrouve à six pieds sous terre écrite sous forme de pièce. En un mot c’est une déception, j’aurais presque envie de citer Claire : « ce n’est pas une tragédie…Oh non, c’est une histoire banale, tellement banale au fond. D’une banalité à pleurer. ».

mercredi 23 novembre 2011

En l'abence des hommes

En l'absence des hommes, Philippe Besson, aux éditions 10/18 Julliard.

Alors que je me perdais dans les rayons d'un certain Virgin, près d'un certain Louvre, je suis tombée, ou quasi, sur une série de livres de poches avec le fameux ruban rouge où il était marqué "Avez-vous lu leur premier roman?" (vrai en plus, je m'étais pris les pieds dans mon pantalon), mais je vous raconte ma vie là..et comment dire? On s'en contre fiche. Bref. Curieuse je me suis permise de lire le premier roman de Philippe Besson, illustre inconnu de mes étagères (je sais, je suis une inculte).

Quatrième de couverture: "Eté 1916. Vincent découvre la passion dans les bras d'Arthur, jeune soldat qui tente d'échapper pour quelques jours à l'horreur des tranchées. Dans les même temps, il ébauche une affection amoureuse avec l'écrivain mondain et renommé, Marcel Proust.
Le temps de ce bel été, l'un va devenir l'amant, l'autre l'ami. Comme deux fragiles éclats de bonheur au milieu de la tragédie."

Je l'ai lu aussi vite que j'ai pu (boulot boulot) et je suis maintenant capable de dire ce que j'en pense: magnifique! Véritable coup de coeur je suis tombée sous le charme de l'écriture poétique, lyrique et mélancolique de monsieur Besson.
J'ai littéralement dévoré le roman, jonglant entre les visites de Vincent chez son ami Marcel et de ses nuits d'amour avec son amant Arthur. J'ai plus qu'adoré le caractère indifférent du jeune héros et sa façon de penser de manière si réaliste et si rêveuse en même temps. On lit, c'est tout, on a envie de savoir comment cela se termine tout en redoutant de fermer le livre. Mais ce n'est plus si grave que ça puisqu'il y a une suite! Il ne reste plus qu'à espérer que cette suite soit aussi belle que ce petit livre. En un mot? En l'absence des hommes est une lecture magique, ça fait deux mots, tant pis! Il y a trop de choses à dire tellement c'est beau!

jeudi 27 octobre 2011

Les Agents Littéraires: Tranches de mort

Tranches de mort, Franck Vinchon, édition Société des écrivains.

Il paraît que pour le petit-déjeuner, une ou deux tranches de pain, c’est excellent. Personnellement je me réveille en lisant Tranches de mort de Franck Vinchon.
Mais qu’est-ce donc que cela ? Un recueil de nouvelles, neuf nouvelles plus morbides et tordantes les unes que les autres. De quoi ça parle ? De mort, essentiellement, d’ironie aussi. L’ironie des situations, de la vie en générale ou alors l’ironie du sort, tout simplement.

On rencontre de tout dans ce charmant petit livre : des acteurs hollywoodiens, des médiums musicaux, des suicidaires maladroits, des grand-pères révolutionnaires, et j’en passe.
On rigole du début à la fin, on sait comment ça finit, mais on est à chaque fois surpris et amusés de la façon dont cala  se passe. Pas une seule répétition, juste un cycle naturellement horrible, après tout, la mort est habituelle non?

En bref, si Franck Vinchon n’a pas pris un sujet incroyablement nouveau, il a su le travailler de manière à en faire quelque chose de relativement neuf, humour et style grinçant aidant. Pas de déception à l’horizon, même pas d’envie de sauter par la fenêtre, on ressort de cette lecture plus joyeux que jamais. C’est beau, la vie, tout compte fait !

Nouvelles préférées de ma lecture : Touché…Coulé ;
Pickpocket ;
Peur de son ombre.

Critique pour les Agents Littéraires

mardi 11 octobre 2011

le faire ou mourir

le faire ou mourir, de Claire-Lise Marguier, aux éditions rouergue.

Je n'aime pas les histoires joyeuses, faut croire, car déjà rien qu'au titre on imagine le roman sur l'adolescence noire, incomprise voire suicidaire. Bah t'as tout faux mon coco! le faire ou mourir c'est le premier roman de Madame/Mademoiselle (?) Marguier, un premier roman plus que réussit! Mais alors, ça parle de quoi? D'adolescence évidemment, mais d'adolescence qui n'en ai pas vraiment une.

On rencontre Damien, alias Dam, jeune homme de bientôt 16 ans qui n'a jamais connu l'affection et l'amour familial. Sa mère l'ignore, sa soeur aînée passe son temps à le rabaisser et son père, quand il ne le réduit pas verbalement à de la "bouse de vache" passe son temps à le corriger pour le remettre dans le droit chemin. Papa est déçu. Dam n'est ni athlétique, ni casse-cou, ni même révolté, il passe son temps à se taire, à avoir la trouille de tout et à pleurer comme un enfant. Dam est un artiste dans l'âme, il aime dessiner, et sa sensibilité se traduit un peu trop facilement en eau pour sa famille. Dam est l'enfant raté, on aurait aimé qu'il soit autrement, peut-être plus...ou peut-être moins. On ne sait pas, Dam non plus. Incapable de savoir ce qu'il aime, ce que sera demain, terrifié à l'idée de devoir choisir ne serait-ce que de respirer, il passe pour la chiffe-molle de son lycée et finit souvent avec de jolis bleus offert par les skateurs du coin. Personne ne lui ai jamais venu en aide, pourquoi ça changerait? Mais non. Un jour, Samy intervient, l'aide à se relever et le prend sous son aile dans son groupe de gothiques, qui n'ont de gothiques que le look. Samy est un jeune homme de deux ans son aîné, intelligent, enjoué et doué pour la vie, il devient l'ami, le confident puis l'amant de Dam. Car Dam, suite à une rumeur se laisse passer pour homosexuel, lui qui venait de se faire larguer par une fille qu'il aimait beaucoup il y a encore peu. Il n'a pas nié, grâce à ça on lui fichait la paix. Seulement voilà, plus les jours passent et plus il ressent des sentiments profonds pour Samy, qui n'y est pas indifférent loin de là. Ils pourraient s'aimer tout simplement si Papa ne voyait pas ça d'un très mauvais oeil. Plus le droit à rien: le dessin terminé, le groupe de tarés tout en noir terminé et Samy le gigolo terminé aussi! Dam va devoir faire un choix: s'affirmer devant le paternel au risque de se faire tuer, ou se taire au risque d'exploser un jour (il faut bien, il ravale tellement de choses depuis sa naissance).

On est heureux quand Dam est heureux, désespéré en même temps que lui, on ressent sa colère qui pourrait très bien se changer en haine meurtrière. On aime Dam, oui on l'aime et on a envie qu'il soit heureux. On ne lâche pas le livre (103 pages), comment? CM de philo? Rien à faire, moi je veux finir (non c'est pas vrai, je suis une fille raisonnable)! En bref: on adore! Oh que oui on adore! On finit la lecture avec des envies de liberté et d'amour, une joie de vivre plus forte que celle qu'on ressent face au sapin de Noël! Magnifique! Je suis en vie! C'est pas merveilleux ça? Ce qui est merveilleux ici c'est le premier roman de Claire-Lise Marguier, une merveille à mettre entre toutes les mains en mal de coups de coeur! Aller, hop hop! On court chez son libraire!

vendredi 7 octobre 2011

Rencontre avec Myriam Thibault



Et oui, en ce jour de pluie j'ai rencontré Myriam Thibault au café Virgin des Champs Elysées. Entre deux discussions sur les livres et quelques gorgées brûlantes d'infusion de thé (parce qu'ils avaient plus de thé) nous avons réussi à faire le célèbre jeu du question/réponse. Alors voilà: interview de Myriam Thibault made in Oly.

Une petite présentation?
Je m'appelle Myriam Thibault, j'ai 18 ans. Je suis en Lettres Modernes Appliquées à la Sorbonne. Je suis née à  Brest, j'ai vécue à Tours et maintenant je vis à Paris. J'aime bien lire, écrire, je joue de la flûte traversière depuis dix ans, et du piano. Je suis rédactrice pour la Cause Littéraire, j'ai un blog...et ben voilà.

Un petit résumé de ton dernier livre, Orgueil et Désir?
C'est un homme qui habite Paris, qui a l'habitude de suivre les femmes et cette fois-ci, alors qu'il est à une terrasse il en voit une qu'il va suivre, elle est tellement belle qu'il va perdre sa discrétion et elle finit par le voir. Il va alors perdre tous ses moyens et fuit. Et là, c'est elle qui va le suivre.

Qu'est-ce qui est le plus horrible quand on écrit un livre?
Les corrections. Le terme "horrible" est un peu fort mais ça prend vraiment beaucoup de temps. La première fois on le fait seul, ensuite on le fait une seconde fois avec l'éditeur puis on doit le refaire parce que l'éditeur en a encore trouvé des fautes. Le pire c'est les corrections au téléphone (rires).

Qu'est-ce qui est le mieux?
Deux choses: le mode ermite, quand on est tout seul au moment de l'écriture, et ensuite c'est lorsqu'on rencontre du monde.

Ton mot préféré?
"Littérature". J'aurai pu dire "musique" aussi. Pour moi ce sont deux choses indispensables, je ne pourrai pas vivre sans je crois...

Si tu étais un personnage de livre?
Octave Parango du roman 99F de Frédéric Beigbeder. Il est complètement barré. C'est un personnage totalement à côté de la plaque.

Quel livre aurais-tu aimé écrire?
Un château en Suède de Françoise Sagan. C'est un livre génial, vraiment très bien écrit. Il me donne envie d'écrire du théâtre.

Plutôt stylo ou plutôt clavier d'ordinateur?
Clavier d'ordinateur. Avant j'écrivais au stylo mais comme c'est plus rapide de commencer directement à l'ordinateur...

Un indice pour ton prochain livre?
J'ai une très vague idée, il devrait se passer en une seule journée, ça ne se passera pas à Paris.

Aimerais-tu faire des photos pour des couvertures de livres ou autre?
Ah oui, j'adorerai!

Comment réagis-tu face aux mauvaises critiques?
Les mauvaises critiques ne me touchent pas. Si elles sont constructives, je les écoute pour m'améliorer mais sinon ça ne me fait rien.

Si on te proposait de faire un film basé sur ton livre, serais-tu d'accord?
Oui. J'aimerai beaucoup le faire moi-même. Ou avec quelqu'un du métier. Par contre je ne vois pas qui pourrais jouer le rôle de mes personnages.

D'où t'es venu l'idée de course-poursuite pour Orgueil et Désir?
Au tout début, ça ne devait pas être ce genre d'histoire. L'homme devait être un malade mental qui suivait la femme et la tuait, mais comme ça ne me correspondait pas j'ai du changer. J'ai gardé l'idée de poursuite mais l'homme est redevenu normal. Et comme je voulais faire de l'ironie je l'ai rendu pédant et snob.

Merci à Myriam pour cette pausé café sans café.
Ah! Message personnel: à force de parler je suis devenue complètement aphone...et maintenant ma soeur se moque de ma voix. Vive la vie! Haha!

samedi 1 octobre 2011

Rentrée Littéraire 2011: Room

 Room d'Emma Donoghue, édition La Cosmopolite Stock.

J'avais lu une critique plus qu'excellente sur ce roman d'Emma Donoghue, une semaine avant que la rentrée littéraire ne commence. Immédiatement j'ai eu envie de lire ce livre, tout comme Terezin Plage je me suis sentie attiré (oui, j'aime bien les histoires qui commencent mal).
Mais Room n'étant pas le seul livre à lire j'ai pris mon mal en patience et j'ai attendu. On dit que les choses que l'on a longtemps attendues sont les meilleures. Pas faux! Même 100% vrai!

Avec Room, l'écrivain nous plonge directement dans le cerveau de Jack, petit garçon de cinq ans qui n'a pas sa langue dans sa poche. Brillante idée, mais en quoi ce petit garçon est-il si différent des autres? Jack est né dans la Chambre, n'en est jamais sortit et ignore que tout ce qu'il voit sur l'écran de Madame Télé existe en vrai. Il est né d'un des nombreux viols qu'a subi sa mère depuis qu'elle a été enlevée et séquestrée dans la Chambre par Grand Méchant Nick. Mais quelques jours après son cinquième anniversaire, sa mère et lui décident de s'échapper, au risque de rester enfermer là toute leur vie, vivants ou pas.

Inspirée d'un fait réel, l'histoire aurait très bien pu n'être qu'un roman de gare de plus, mais non. Emma Donoghue s'est inspirée, le reste de l'histoire elle le doit à Jack, petit héros qui ne sait pas trop si le monde du dehors vaut vraiment la peine d'être visité. 
Ici, pas de pathos, pas de bonnes réflexions sur la liberté individuelle ou encore de grands discours qui se résument en "les méchants en prison et les gentils en miracles". 

 Room est un livre à part, qui raconte l'histoire d'un petit bonhomme à part dans un monde où les faits divers terrifiants remplissent plus de pages de journal que tous les articles sur le sport. Un livre à mettre entre toutes les mains. D'un pour comprendre le point de vue d'un petit garçon extraordinaire, et de deux pour comprendre le point de vue d'un petit garçon extraordinaire qui aimerait bien ne pas l'être.

Extrait: Au bout d'une minute, je dis: "Pas d'autres idées?
- Toujours les mêmes qui tournent sans arrêt dans ma tête comme des rats dans une roue", dit Maman entre ses dents.
Pourquoi les rats tournent là-dedans? Comme une Grande Roue à la foire?
" Il faudrait qu'on trouve une ruse, je lui dis.
- Comme quoi?
- Comme quand tu étais étudiante et qu'il t'a attirée dans son camion avec son chien qui existait pas."

lundi 26 septembre 2011

La Nuit des enfants rois

La Nuit des enfants rois de Bernard Lenteric, édition Le Livre de Poche.

Comment? Le livre est sortit en 1981, oui et alors? Ce livre, voyez-vous est ce qu'on pourrait appeler l'un de mes livres de chevet. C'est bien simple c'est un chef d'oeuvre. Je ne vais rien dire sur cet espèce de film qui gâche plus qu'il ne parle réellement de cette belle oeuvre littéraire, et je vais donc marquer ici tout l'amour que je porte à La Nuit des enfants rois.

L'histoire commence au moment où Jimbo Farrar, génie à la taille de géant trouve grâce à un test national, la trace de sept enfants au Q.I surdimensionné. Ils décident de les surveiller, tente de les protéger jusqu'à ce que tous les sept se rencontrent lors de la soirée en honneur de l'école destinée aux adolescents comme eux, gentiment payée par l'une des plus grandes entreprises américaines.
Ils ne se connaissent pas, ne se doutaient même pas de leur existence mutuelle et pourtant ils se reconnaissent. Ils sont les sept morceaux d'un être à part entière, un être qui n'est fait que de haine, de rage refoulée et d'envie de vengeance contre ce monde de brutes. C'est donc ce qu'ils vont faire: se venger. Tous les sept vont mettre en commun leur génie maléfique pour commettre vols et meurtres tout autour d'eux sans que l'on arrive à les accuser, ni même à retrouver leur trace. Jimbo est le seul capable de les arrêter, mais on dit que deux cerveaux valent mieux qu'un. Qu'en est-il quand il s'agit d'une lutte entre plusieurs cerveaux machiavéliquement géniaux?

Je ne connais pas le Q.I de Bernard Lenteric,  ce qui est sur c'est que monsieur est un génie de l'intrigue, et il nous laisse douter sur le dénouement jusqu'à la dernière seconde. D'un côté de Jumbo et de l'autre de Gil, chef des sept, et de ses acolytes ont les comprends tous. On comprends leur lutte, des deux côtés, et on en vient à tanguer sur le fil de la justice car ici les criminels sont attachants, cruellement attirants et merveilleusement mauvais. On ne sait pas qui suivre, on reste entre deux eaux et une fois que tout est fini on reste sonné.

Investissement? Je ne sais pas. Coup de coeur? Oh ça oui! Coup de maître même! Alors pour tous ceux qui se disent que les gentils ont toujours raison je montre ce livre en drapeau. Et non, le monde n'est ni tout noir, ni tout blanc, et les enfants rois en sont un parfait exemples. Qui pourraient deviner une telle pulsion meurtrière? Regardez-les: ils sont tellement mignons.


jeudi 22 septembre 2011

Rentrée Littéraire 2011: Orgueil et Désir

Orgueil et Désir de Myriam Thibault, édition Léo Scheer.

Et ouais, sitôt acheté sitôt lu. C'est que je l'attendais moi ce premier roman de Myriam Thibault (elle a pas honte de nous faire patienter comme ça?)!
Nous l'avions quitté, la dernière fois avec l'envie de voir ce qu'elle valait en "version longue". Voyons ce que ça donne, maintenant.

Première surprise, le livre ne fait que 104 pages, ça alors, même ses nouvelles comptaient plus de pages (125)! Attends mais c'est trop court! Qu'est-ce que tu veux qu'elle nous raconte avec aussi peu de pages? Une histoire simple: un mélange de cache-cache et de chasse entre un jeune chroniqueur à la recherche du célibat éternel, et Daphné, une femme tout juste divorcée, écrivain à ses heures perdues qui vit dans l'angoisse que sa petite fille ne l'aime plus. Course poursuite discrète qui nous promène dans Paris le temps d'une journée. Ils s'attirent mutuellement, c'est indéniable, mais vont-ils réussir à ravaler leur fierté et à envisager une relation? Je n'en dis pas plus, vous n'avez qu'à le lire.

Le style de Myriam Thibault est toujours aussi bon (à quand le  roman de Quelques saisons plus tard ?), on ressent une maturité qu'on est ravi de découvrir, deuxième bonne surprise. Les descriptions sont toujours aussi précises et là les deux personnages sont attachants, drôles et vrais. L'idée de rentrer une fois sur deux dans la tête du chroniqueur est bien trouvée, surtout quand on sait qu'il a un caractère aussi parfait question cynisme. La troisième surprise concerne de nouveau les pages: on est surprit de ne pas avoir à dire "c'est tout?", à la fin de sa lecture. L'auteur a réussit le pari de ne pas nous laisser sur la fin, c'est pile ce qu'il fallait comme pages pour nous combler.

Hum? Les marques? Bien sûr qu'il y en a, sinon ce ne serait pas digne de Myriam Thibault voyons. Il y en a pleins mes amis! Mais là, ça passe tout seul. On ne grince pas des dents une seule fois. Mince alors, même pas l'occasion de se plaindre pour le plaisir.

En bref: Orgueil et Désir mérite bien son prix du premier roman (La Forêt des Livres 2011). L'écrivain (oui, maintenant on a le droit de dire écrivain) a  même réussit le miracle de me faire lire en marchant (manquant un écrasement, les crottes de chien et les poteaux de peu. La lecture a ses risques.), ce qui arrive très rarement vu mon côté "jamais content".

Non, je ne vais pas dire "bravo", même si le livre est marqué en coup de coeur et même si je suis ravie de l'avoir lu. Pas que mademoiselle Thibault ne le mérite pas, juste que ce serait trop bête de s'arrêter en si bon chemin.

Ah! Bonus en surprise, plaisir personnel: cette fois j'étais capable de visualiser mentalement les lieux, même pas besoin de la carte, je m'améliore!

Extrait: " Après tout, c'est normal de culpabiliser. Je suis humain. J'ai fouillé dans son sac ce matin, l'ai inspecté, j'ai presque fait l'inventaire de tout ce qu'il contenait. Donc j'ai déjà violé son intimité. Tant pis. Je continue."

mercredi 21 septembre 2011

Rentrée Littéraire 2011: Latex etc.

Latex etc. de Margaux Guyon, édition Plon.

Mais qu'est-ce que c'est cette vague de jeunesse qui déferle sur cette rentrée littéraire?
Curieuse que je suis, hop! On découvre le premier roman de mademoiselle Guyon, 21 ans au compteur qui nous livre ici un livre "sulfureux" comme l'auteur le présente elle-même.

L'héroïne s'appelle Margaux, ah tiens, a une culture littéraire et musicale au-dessus de la plupart des gens de C***, ville du Sud où elle s'emmerde depuis sa naissance et qu'elle rêve de quitter. Pour tromper son ennuie elle sort avec son groupe d'amis, boit, fume, lit des Pléiades, se moque de son entourage ouvertement ou pas et surtout fait les boutiques. Elle aime le luxe, les belles marques et les beaux vêtements, deuxième grande passion après la lecture. Mais quand on vit à C*** où les distractions se font rares, l'occasion de s'amuser selon ses goûts n'arrive pas. Que fait-elle alors? Elle se prostitue. Call-girl d'occasion pour les bourgeois du coin en mal de sensation forte, elle vend son corps en échange de quelques billets violets. C'est tellement simple, elle qui aime le sexe se demande pourquoi elle n'y a pas pensé plutôt. Mais chaque décision, même hasardeuse à ses risques. Voilà à peu près le résumé qu'on pourrait faire de Latex etc.

Maintenant, qu'en dire? C'est drôle. J'aime l'ironie, le sarcasme et les langues de vipères, alors de ce côté je ne suis pas déçue. L'auteur connaît l'art de la médisance à la perfection. Mais la médisance à ses limites, surtout quand c'est gratuit. Peut-être ai-je raté les passages où Margaux le personnage (M.P) explique pourquoi elle n'aime pas tels trucs que ce soit en musique, littérature ou encore en marque. M.P est une jeune fille qui a une culture certes, mais sa culture lui donne la grosse tête, et pas la bonne. Le mieux quand on est cultivé, c'est de ne pas étaler toute sa science et la satisfaction de soi peut donner envie aux lecteurs de la voir descendre rapidement de son piédestal. M.P n'est pas seulement médisante, égocentrique et débauchée, elle est énervante. Et c'est ce qui gâche le roman, dommage c'est justement ce qui pose problème.

En fait, pour tout vous dire, je suis partagée. J'ai aimé le livre, sincèrement, mais M.P m'a presque dégoûté de la culture, M.G devrait faire attention à ce que son prochain personnage principal ne soit pas aussi irritant, ça risque de lui faire "tout rater par la suite" comme elle le dit si bien.

samedi 17 septembre 2011

Les Agents Littéraires: Le coeur capitaine d'une funambule

Le coeur capitaine d'une funambule de Norlane Deliz, livre autoédité, 51 pages, 12, 90 euros.

Quatrième de couverture: "Le coeur capitaine d'une funambule est un paysage intime, dépeint en couleurs et poésies: celui d'une jeune femme vaillante qui apprend à danser sur le fil de sa vie.
Poèmes et collages se réfléchissent les uns les autress, multipliant les facettes d'un miroir dans lequel la funambule se découvre capitaine."

Première lecture pour le site des Agents Littéraires, ohé du bateau qu'est-ce qu'on m'envoie là? Tiens un recueil de poèmes, lisons lisons alors.


Le coeur capitaine d'une funambule c'est quoi? C'est 23 poèmes qui sont écrit dans un style linéaire au rythme paisible (presque lent) et qui forment de la pure poésie lyrique. C'est aussi des collages où les coeurs, les bateaux aux voiles blanches poussées par le vent, les morceaux de photos et le mots s'assemblent pour illustrer l'ouvrage et même parfois ajouter de l'évasion aux textes de Norlane Deliz.

On pourrait en faire l'analyse en deux parties: poèmes et collages, mais les deux sont liés et se serait bien grotesque de ma part de tomber si vite dans le panneau. Aussi je n'en ferais rien et je continue...
On trouve dans la poésie de l'auteur une grande douceur, de la rêverie marine pour le voyage et un désir amoureux associé à une volonté de vivre ou/et de poursuivre sa route. On trouve aussi une candeur qui surprend, candeur qui se cache et se dévoile de temps à autre pour une image du temps ou une expression  de l'écrivain sur le mystère de son coeur. Je ne dis pas que cela est déplaisant, loin de là mais j'avoue avoir été très déroutée au début.
Les rimes de Norlane Deliz sont très simples, pour ne pas dire faciles et c'est bien dommage car on reconnait le talent et on aimerait bien qu'elle se lâche un peu. Ces rimes sont trop carrées et ça change la candeur en naiveté. Naiveté qu'on retrouve dans la moitié des collages. Quand certains sont beaux dans leur simplicité, d'autres nous écroule la rétine avec leur chargement de "trop".

En bref? C'est de la poésie marine, une évasion à bord d'un bateau qui vogue sur les émotions, des désirs de femme rêveuse et attachante. On s'évade le temps d'une lecture.

Poèmes préférés de ma lecture: "Pas!", "Attendre" et "Etre de celles".
Collages préférés dans mon voyage: "Siège dans la lumière d'un vitrail", "La coccinelle" et "Coeur labyrinthe".

Et s'il fallait mettre une note, ce serait: 4/5.

mercredi 14 septembre 2011

Le rêve Botticelli

Le rêve Botticelli, Sophie Chauveau, édition Folio.

Ah cette chère Sophie! Ah ce cher Sandro, si mélancolique, si rêveur et si talentueux. Sa peinture ne me plaisait pas, je l'avoue, j'assume. Et bien Sophie Chauveau n'est pas qu'une excellente écrivain, c'est aussi une excellente professeur. Illumination divine! J'ai compris. Maintenant je me ferais une joie d'étudier l'art toscan, tableau dans une main et livre dans l'autre.

Rien à dire sur la vie de Botticelli si ce n'est que monsieur est bien plus drôle, plus passionné et plus dépressif que ce qu'il voulait bien faire voir et percevoir.
Alors je n'ai qu'une chose à dire: lisez-le. Découvrez ou redécouvrez la peinture de la Renaissance, riez et étonnez-vous des peintres de l'époque, indignez-vous face à leurs mésaventures et pleurez un bon coup à la dernière ligne de la page, oui je sais, c'est toujours dur de quitter un livre qu'on a autant aimé. Je vous soutiens dans cette dure épreuve. Mais consolez-vous: vous pouvez toujours le relire encore et encore, et bonus: Sandro étant ami avec Lénoard il se peux que le taquin se cache ici et apparaisse là le temps d'une lecture où on remonte le temps avec délectation.

Les jeunes cons

Les jeunes cons, Mathias Philibert, édition Pascal Galodé.

Quatrième de couverture: "Ils vivent dans les cités ou dans les beaux quartiers. Ils sont de toutes les origines et de tous les mauvais coups. Qu'ils soient de le Courneuve ou de Neuilly, de la campagne ou de la ville, qu'ils s'appellent Momo ou Anne-Sophie-Bernadette (ASB pour les intimes), ce sont les jeunes cons.
Sur la plage ou dans les manifs, en famille ou au pied de leur immeuble, suivez leurs aventures et, surtout, n'oubliez pas de rire. Un mariage vous attend même à la fin mais, pour vous dire la vérité, il n'est pas tout  fait conforme à la tradition. "

Voilà ce que l'on peut apprendre sur l'auteur en quatrième de couverture: "Artiste maudit, entrepreneur ruiné, Mathias Philibert a fini par tenter sa chance dans l'écriture. Avec succès. La critique a été si éblouie qu'elle en est restée muette." ça en dit long sur le style de l'auteur! Première idée sur l'humour du livre, pas d'erreur! On rit du début à la fin, on reconnait des copains, des rumeurs entendues ou justes des situations et on arrive à se moquer des préjugés sans méchanceté. Une bonne trouvaille pour ceux qui s'ennuie et qui ont bien besoin de rire en cette fin d'été.

H.E.R.O.S

H.E.R.O.S de Christy Jane, édition Les Editions du Préau.

Oui je sais, sur la quatrième de couverture il y a bien écrit " à partir de 10 ans" mais que voulez-vous? J'aime garder un peu d'enfance dans mes lectures. La plupart du temps je tombe sur des petits bijoux, et bien la série H.E.R.O.S en est un excellent exemple. Pour ceux qui aime les groupe d'amis que rien ne pourrait séparer, l'humour, les cours d'histoires et les traversées dans le temps c'est parfait. Le tout servie sur un beau plateau en or massif.

On croise Henry, Elfi,  Raphaël et Océane quatre collégiens qui avec l'aide d'un petit robot créé par le génie de la bande (Henry), Siborg vont traversés les époques à la recherche de ce qu'il reste la pierre du temps, malheureusement brisée en plusieurs morceaux (bah oui, sinon y'a pas d'histoire). Ils déjouent les pièges de l'affreuse Madame Pressbott, femme aigrie et avide de richesses, et rencontre leur idole: Léonard de Vinci.

Il ne faut pas oublier que cette série est avant tout destinée aux jeunes lecteurs, on va donc regarder d'un oeil bienveillant les grosses mais ici petites erreurs sur le peintre et son entourage ou encore sur l'idée des passages secrets sous le Clos Lucé (non je ne suis pas en train de tendre la main vers mon Sophie Chauveau de poche...à peine!) et on profite de la lecture. Je n'ai rien à dire de négatif sur H.E.R.O.S, si ce n'est que les deux premiers tomes pourraient en faire un seul facile.

Tome 1: La pierre du temps (en vente)
Tome 2: La Renaissance (en vente)
Tome 3: Pharaon (ne devrait pas tarder, on l'espère)

mercredi 7 septembre 2011

Rentrée Littéraire 2011: Ma Chère Lise

Ma Chère Lise, Vincent Almendros, édition Les Editions de Minuit.

  En voilà un drôle de livre! Au premier abord, il paraît intéressant et au final il se révèle ennuyeux.
  On rencontre un jeune professeur particulier de 25 ans, dont on ne connaîtra jamais le nom qui nous raconte sa relation avec son élève, Lise, de dix ans sa cadette. Une histoire d'amour qui a tout pour être touchante et romanesque: familles opposées dans leur milieu social, voyages dans des contrées idylliques et même l'ombre d'un triangle amoureux avec l'arrivée d'une amie de Lise. Malheureusement ça n'aboutit à rien. L'amour entre les deux personnages est vide de résonance, tout comme le héros est vide de caractère.
  Une déception marquée au fer rouge par le mot "dommage".

Extrait: "Longtemps que quoi, au juste? Ma jolie Lise. Ça fait longtemps que quoi? Longtemps que je n'ose pas t'aimer mais que je t'aime? Longtemps que je m'interdis de t'aimer?
Je pris une nouvelle feuille. J'inscrivis la date."

mardi 6 septembre 2011

L'obsession Vinci

L'Obsession Vinci, Sophie Chauveau, édition Folio.

C'est en fouillant que je suis tombé sur L'obsession Vinci de Sophie Chauveau. Comment exprimer clairement ma première impression?...Sophie qui? J'ai donc conservé le petit livre de poche et l'ai installé dans ma valise plus pour faire nombre que pour le lire réellement (j'aime bien m'encombrer inutilement, je dois être un peu maso).
Et bien il faut croire que les résumés de livres sont plus fait pour décourager que pour inviter à la lecture car ce livre est un vrai petit chef d'oeuvre sur pages.

D'un style clair, simple et vivant on se laisse entraîner sans pouvoir faire le moindre geste, pas le temps de réfléchir: on commence et lorsque on regarde sa montre on réalise avec étonnement que l'aiguille à fait plusieurs fois le tour du cadran. Sophie Chauveau est l'équivalent d'une vague: même pas la peine de riposter pour le principe.
L'histoire? Léonard de Vinci, rien de plus mais tellement déjà! 516 pages de plaisir!
Je suis peut-être inculte, ou pire, "cliché" mais l'idée que je me faisais de Léonard était celle du vieil homme barbu, et Da Vinci Code n'a rien arrangé. L'image du vieux sage détenteur de secrets est ici balayée par une bourrasque et on découvre avec bonheur un personnage haut en couleur, plein de charme qui nous fait presque regretté sa mort. Ah! Si seulement il avait été centenaire, ou même immortel: L'obsession Vinci ne serait pas aussi court dans ce cas (Sophie Chauveau, grande révélation de cet été)!

Rentrée Littéraire 2011: Repas de morts

Repas de morts, Dimitri Bortnikov, édition Allia

Mot de l'éditeur: "Voici un objet littéraire difficilement identifiable, une suite de surprises et d’originalités thématiques, syntaxiques et langagières qui n’ont de cesse de déconcerter. Un homme redonne vie à ses morts. Père, mère, grands-parents, enfants, renaissent sous la plume acérée de l’auteur. Et ce, dans un monde de sang, de cadavres, d’ombre et de lumière. Autant de saynètes qui évoquent les danses macabres médiévales et les complaintes d’Hamlet. À ses côtés, le lecteur… désorienté, privé de ses repères. Le style syncopé du texte rend paradoxalement vivant cet halètement vers le « lâcher prise », travail de sape de toute généalogie et avancée vers la mort. Avancée qui est un retour à la vie et en particulier à l’enfance.
L’auteur : Né en 1968, Dimitri Bortnikov a fait des études de médecine, ratées, puis l’armée, deux ans au Pôle Nord. Puis arrivée en France en 2000, l’écriture. Premier roman couronné en Russie par le Booker Price. Publie aux éditions du Seuil et Noir sur blanc. Cuisinier particulier chez une comtesse russe à Paris, en cerf-volant, puis affranchi passe complètement à l’écriture en français. Encore vivant. "

C'est un drôle de texte écrit par un drôle d'auteur. Humour noir, thèmes noirs, souvenirs noirs et style blanc. Pas de ponctuation, ou presque pas. Des phrases brèves. On lit, d'abord dérouté, ensuite enchanté. On adore ou on déteste mais on ne reste pas indifférent face à Dimitri Bortnikov qui parvient à mélanger le dramatique, la folie et le cocasse.

Extrait: " Le fils prodigue est de retour. Quand sa mère et son père sont morts. Le fils prodigue rentre chez lui. Hourra! Chhh! Pas si fort! Les légendes marchent plus. Ça n'a jamais marché. "

mercredi 31 août 2011

Rentrée Littéraire 2011: Les coeurs en skaï mauve


Les coeurs en skaï mauve, Sacha Sperling, édition Fayard Roman

Ayant lu son premier roman, Mes illusions donnent sur la cour, je me suis empressé de lire sa nouvelle oeuvre. Comment dire...le deuxième est aussi déroutant que le premier.

On suit l'histoire de Jim, jeune homme n'ayant pas de passé, pas d'avenir voire par de présent (il jongle entre son appartement et son boulot chez un loueur de dvds), rêvant inlassablement des grands espaces américains et d'autoroute sans fin. Jim qui lors d'une fête parisienne rencontre Lou, actrice ratée n'ayant pas la vingtaine et ne souhaitant qu'une chose: que la faible lumière posée sur elle ne s'éteigne pas.
Les deux héros se sentent attirés par le sexe et les rêves flous sans réelle consistance. Ils fuient la capitale, le temps d'un été, et la mère de Lou (actrice tout aussi ratée qui aimerait bien que sa fille s'enlise autant dans la boue qu'elle). Tous les deux vont se contenter du peu qu'ils arrivent à obtenir sur les aires d'autoroute avant que la jeune fille ne réalise que le garçon qui se la joue cow-boy et qui lui promettait monts et merveilles n'est finalement qu'un mec encore plus paumé qu'elle.
Chapitres courts, dialogue rempli à ras bord de termes anglais qui n'ont pas vraiment d'utilité, ça se lit facilement mais à la fin de la 249ème page on est incapable de dire si l'on a aimé ou pas. C'est donc là tout l'art de l'auteur: impossible d'apprécier pleinement mais impossible de dire qu'il n'a pas de talent...

Extrait: "Lou, artificielle et sincère.
Le genre de fille qui mérite qu'on lui fasse des promesses.
Baby, arrête de bad triper. Je préfère quand tu fais des bulles avec les Malabar. Tu sais, moi je suis fort... mais toi... toi t'as bouffé des aimants, et je suis attiré comme un con."

mardi 30 août 2011

Rentrée Littéraire 2011: Terezin Plage


Terezin Plage de Morten Brask, édition Presses de la Cité.

C'est à la lecture d'un article très favorable sur ce livre que ma curiosité l'a emporté et m'a dit: "va donc lire Terezin Plage! Va!". Ni une, ni deux je me le procure et commence à lire le premier roman de Morten Brask.
Premier livre lu de cette rentrée littéraire 2011, première très bonne surprise. Tout cela commence bien!

Morten Brask nous présente un lieu peu connu des jeunes bacheliers (ou alors c'est que j'ai raté un cours d'histoire sans m'en rendre compte) sans pour autant nous plomber le moral comme le font la plupart du temps les livres sur la question Juive lors de la deuxième guerre (on pense au Pianiste ou au Journal d'Anne Franck). Certes l'histoire du jeune étudiant en médecine, Daniel Faigel qui se retrouve avec d'autres Juifs danois,  prisonnier de la "ville modèle" n'est pas d'une gaité folle mais l'auteur parvient à nous la présenter avec un style léger (j'entends par là qu'il arrive à nous faire garder la tête hors de l'eau. Le sentiment de déprime qui arrive vite à force de lire les atrocités commises par les nazis est présent sans pour autant nous donner envie de sauter par la fenêtre) qui nous permet de respirer malgré les péripéties morbides, les moments de tension et les tragédies qui se déroulent tout autour du jeune homme.
L'arrivée de Ludmilla est aussi une bouffée d'air frais. L'amour entre les deux héros nous redonne espoir autant pour leur avenir que pour notre mental. On se surprend à faire comme eux: rêver d'un endroit où le malheur n'existerait pas.
L'idée de faire présent-Terezin et passé-souvenirs de Daniel, a déjà été prise évidemment. Mais ici ça nous donne deux histoires en une seule oeuvre ce qui nous ravit.
Contrairement à la plupart des livres écrit sur cette période historique, celui-ci est un "vrai" roman (même s'il est bien évident qu'il a fallut partir de faits réels et de témoignages), mais ça n'enlève en rien la crédibilité de Morten Brask qui réussit là un coup de génie. Horreur de la guerre, espoir de l'amour et crainte de la mort nous mène par le bout du nez du début jusqu'à la fin et on attend acec hâte son prochain roman.

Extrait: " L'homme m'observe. Il porte des lunettes rondes à montures d'acier dont les verres concaves lui font des yeux minuscules et perçants. Il a l'air d'une souris.
- Comme Dante, tout juste arrivé du monde des vivants, n'est-ce pas?
- Que voulez-vous dire?
- Vous ne connaissez pas l'histoire de Dante et de sa descente aux enfers?
- Si, bien sûr.
- Alors, je vous souhaite la bienvenue, monsieur Dante."


Paris je t'aime

Paris je t'aime, Myriam Thibault, édition Léo Scheer

                                                         Quatrième de couverture:
"Chaque histoire, chaque personnage, chaque destin évoqué par Myriam Thibault est guidé par un rêve: habiter Paris, promesse d'une vie romantique où les couples se font et se défont, où les fantômes rejoignent les vivants, où la musique, le cinéma, la littérature, obsessions de l'auteur depuis l'enfance, sont au centre de tout. Un vent de fraîcheur souffle sur les rues d'un Paris onirique, théâtre intime des espérances et désillusions. Porté par une écriture d'une maturité étonnante, un univers d'écrivain véritable se déploie avec la grâce et la force que donne un talent déjà éclatant.

 Il est bon de tomber par hasard sur un livre inconnu, le temps d'une balade à la Fnac. Sortit l'année dernière Paris je t'aime a tout de suite éveillé ma curiosité. Un petit avis parmi tant d'autres...

Myriam Thibault a un certain style, clair, qui me plaît mais il m'a fallut du temps pour ne plus être agacée par son amour du luxe.
Le problème c'est que dès la première page l'overdose arrive et on meurt d'envie de retirer une à une toutes ces marques qui donnent des pages en pus au recueil de nouvelles. Certes il s'agit ici du choix volontaire de l'auteur qui montre sa vision, fantasme, de la capitale et place volontairement dans un milieu bobo qui doit refléter un petit quart des habitants (mais quel quart!).
En fait, il faut prendre les nouvelles une à un, les lire une à une, pour éviter le trop plein de marque et de snobisme qui envahit la lecture pour apprécier le récit. Car si on lit tout à la suite on en vient à se révolter contre la société de consommation qui...haha.
L'idée de mettre les chansons sur lesquelles elle a écrit (j'imagine) ces histoires est amusante, ça fait vraiment article de blog, ce qui à la fois amuse mais en même temps déconcerte, c'est en dehors du contexte...à mon sens (en gros, je n'ai toujours pas compris à quoi cela servait, désolée, mais je cherche encore!).

Les nouvelles: Une journée Boulevard Saint-Germain: l'idée de suivre un auteur ayant "les moyens" est drôle mais le personnage à l'ego surdimensionné agace. Enfin, c'est ça qui est amusant.
Minuit: en fait, on aurait pu juste faire la description des lieux, les personnages font presque rôles de décor ici.
Quelques saisons plus tard: l'idée de base, couple en crise, est très bonne et le style sans fariboles de l'auteur ajoute un charme de plus à la nouvelle. On regrette presque que cela soit si court car on voit bien ce genre d'histoire en roman.
La Jeune fille au trench rouge: là aussi l'idée de base est plaisante, mais c'est tourné d'une telle manière que la sympathie que l'on devrait porter à la jeune fille est rapidement changé en désintérêt. Elle apparaît tellement lâche face à ses propres choix que le regret que l'on doit ressentir, ou le choc, à la fin n'arrive pas, et n'arrive toujours pas. Le personnage est trop dilué par rapport à ce qui lui arrive. L'abattement (un peu excessif face à son caractère passif) qui en ressort donne envie de la secouer et de lui dire "Réveille-toi"!
Un jour, peut-être...: beaucoup aimé car le milieu des personnages est réaliste par rapport au décor, certes l'agaçement est encore là (cette histoire de sacs me tracasse encore!) mais c'est le petit plus du livre. La seule question que je me pose c'est comment l'héroïne fait pour ne pas saisir dès le départ ce que son compagnon veut lui dire? Parce que pour trouver un homme aussi transparent il faut chercher loin et longtemps.
Rock en Veine: idée vue et revue mais qui aurait pu être bien traitée par Myriam Thibault car son style clair peut -à mon avis- aisément correspondre à tous les sujets. Mais ici,  l'histoire est trop "droguée" pour que le lecteur soit d'accord avec l'auteur. Les sujets comme ça n'ont pas l'air d'être en phase avec la jeune écrivain.
"Gainsbourg et son Gainsborough vont rejoindre Paris": oui...il faut aimer Gainsbourg quoi...c'est qui déjà? Non je plaisante. Apprécier même si je n'ai pas tout compris.
Au beau milieu d'une nuit parisienne: une idée plaisante pour qui connaît Clamp et apprécie de voir en une même histoire plusieurs personnages venant pourtant "d'ailleurs". Très agréable et très posée après toutes ces péripéties. C'est frais.
Un aveu: on est dépaysé par cet allé simple en vacances et ça libère. On est ensuite heureux de retrouver Paris. Très bonne idée!
Au même instant: on voit bien la publicité de la Marie: "Paris, la ville qui vous ouvre ses portes!". Haha! Très amusant.

En bref les nouvelles, prises une par une sont plaisantes malgré les petits défauts qui sont tout de même plaisants et drôles. Les marques aussi, puisqu'elles font partis du recueil au même titre que les personnages (et oui). Tout cela est fait exprès et c'est bien cela qu'il faut comprendre, au risque d'avoir une crise de nerfs pour les plus sensibles. Personnages réalistes (sauf le revenant et ce débauché de rockeur) et description de haut niveau, très pratique pour qui n'est même pas capable de situer correctement la Tour Effel (je ne me vise absolument pas). Un auteur à suivre et qui pousse à avoir envie de voir ce qu'elle vaut en roman! Premier roman qui sortira le 21 septembre 2011.



Pastel Fauve

Pastel Fauve, Carmen Bramly, édition JC Lattès

Quatrième de couverture: "Je n'ai encore jamais eu de garçon dans mon lit. Mes désirs restent empreints d'une pureté virginale qui me fait concevoir l'acte d'amour comme sincère et beau. Quand j'y pense, je vois des draps blancs, de doux sourires, et encore du blanc. Je suis encore sourde et aveugle. L'idée d'une passion mêlée de désir charnel, le besoin de se repaître de l'autre, tout cela m'est étranger, quoique je ne sache pas, ce soir, si je préfère les tons pastels ou les couleurs fauves. Si ça se trouve, les choses sont plus compliquées que je me les imagine.

C'est la dernière nuit de l'année. Paloma, quatorze ans, s'apprête à réveillonner sur l'île de Bréhat, où ses parents ont une maison de vacances. Elle doit retrouver Pierre, de deux ans son aîné, qu'elle connaît depuis toujours. Ils ne se sont pas vu depuis l'été précédent, l'adolescente s'est transformée et les rapports sont à réinventer.
C'est la dernière nuit de l'année et peut-être aussi un adieu à l'enfance."

Sortit lors de la rentrée scolaire 2010, Pastel Fauve a beaucoup fait parler de lui en premier pour le jeune âge de l'auteur (quinze ans) et ensuite pour son contenu qui enthousiasmait certains et énervaient d'autres (tout le monde ne peut pas être toujours d'accord). Je vais donc me rajouter à tous ces lecteurs qui donnent leur avis, mieux vaut tard que jamais!

D'abord le style est très bon, c'est indéniable. Carmen Bramly sait représenter sentiments et actions et le fait sans problème. Ensuite, les références qu'elle apporte tout au long du récit prouve sa passion pour la Littérature, ce qui rassure les "grandes personnes' qui traitent la jeunesse d'inculte.
Cependant: ses personnages ne sont pas crédibles. Son héroïne, Paloma, ne correspond pas à l'idée d'adolescente. On a beau être mature à son âge -cela existe- une ado, qui se veut représentative, ne parle pas d'une telle manière et n'est pas capable de réciter aussi aisément du Cid, qu'on ai fait du théâtre ou pas. Cette scène où elle et Pierre se donnent les répliques de la pièce n'est absolument pas réaliste et n'apporte rien au lecteur si ce n'est comme un goût déplaisant de vantardise (volontaire ou pas).
L'histoire de base, l'amour adolescent, est banale mais plaisante. Cependant: Paloma est d'une telle vulgarité que cela, après avoir bêtement choqué ou dérangé, exaspère. Le personnage se change soudain en une femme mûre en chaleur, on ne reconnaît pas la "fraîcheur" qui émane d'une gamine de quatorze ans, et qu'elle revendique pourtant. Ici l'idée d'amour est trop vague ou pas assez orientée, et l'acte d'amour se dirige vite vers l'acte sexuel gratuit. Carmen Bramly a malencontreusement métamorphosé son roman d'amour adolescent en une simple histoire de cul.
L'idée du chanteur, Peter Doherty, est assez sympa mais là aussi la description est mal exprimée. Ce qui aurait été agréable sous la forme d'une réflexion sur l'amour impossible (fantasme, sens unique, etc.) devient un dialogue snob, gros point noir d'agacement du roman.
Il est clair que ce récit a un public bien précis: les adolescents bobos parisiens, cela se sent. Pierre et Paloma sentent la vantardise, la volonté de paraître et la superficialité de la fausse culture. C'est trop "énorme" et ça énerve par son surréalisme.
Un autre point important: l'idée de mort. On ne sait pas pourquoi elle apparaît soudainement dans l'histoire comme la mouche dans la soupe. Elle est incongrue et ne convient pas à l'atmosphère de Pastel Fauve. Elle semble placée là par naïveté. Peut-être que si elle avait été traité de manière moins niaise (car ici on tangue entre l'opérette et l'invocation d'esprit grinçante) cela aurait parfaitement aboutit. Mais les adolescents qui soudain, entre deux danses et deux engueulades, font une réunion en cercle pour un mort, et lui font chacun un discours, est déplacé. Il n'est pas ici question de morale mais de vraisemblance.

Voilà à peu près mon avis sur le premier roman de Carmen Bramly. Je ne dirais pas que j'ai adoré, mais je n'ai pas non plus détesté. La plume de l'auteur est très bonne,  pour ne pas dure excellente et le serait certainement d'avantage sans tout ce "trop", cette volonté excessive de bien faire qui gâche malheureusement l'ensemble. Il faudrait qu'elle lâche un peu de leste pour parvenir à un style de haut niveau, ce qui ne lui est pas impossible. En gros on veut voir la suite, qui sortira début d'octobre.



lundi 29 août 2011

Le cahier bleu

Le cahier bleu, Anne-Florence Faurre, édition Amalthée

Quatrième de couverture: "Avec un sens aigu de l’observation et beaucoup d’humour, Anne-Florence entraîne son lecteur au fil des pages dans la vie d’une jeune fille. Elle décrit avec légèreté, lucidité, les difficultés de cette période, entre l’enfance à quitter et l’âge adulte à construire.
Dans ce premier opus – écrit au cours de sa seizième année – l’auteur décrit quelques scènes de vie d’une adolescente scolarisée dans un lycée parisien.
Si les observations de cet écrivain relèvent pour la plupart de l’imaginaire, il n’en demeure pas moins qu’elles sont caractéristiques des jeunes adolescentes : amour, amitié, vie quotidienne, petits et grands tracas, suicides…
"

J'aime beaucoup le style d'Anne-Florence Faurre. Elle mélange dans Le cahier bleu réalisme et invention, ce qui ne diminue rien à la lecture de son livre. Humour, réflexions et poésie sont au rendez-vous. On commence la lecture, on retient quelques phrases qui nous attire et on termine la lecture...avant de la reprendre histoire de rire encore un peu!

Vengeances

Vengeances, Philippe Djian, édition Gallimard.

Quatrième de couverture: " Marc, un peintre d’une cinquantaine d’années, est brusquement confronté au suicide inexplicable d’Alexandre, son fils de 18 ans, lors d’une soirée.
Un an après, Marc se remet tant bien que mal de la perte de son fils. Il boit encore un peu trop. Elisabeth, sa seconde femme l’a quitté, lassée. Mais il recommence à créer, entouré et soutenu par son agent Michel et sa femme Anne — ses amis depuis 30 ans.
Un soir, Marc porte secours à une jeune fille complètement saoule. Elle casse tout chez lui avant de disparaître. Retrouvée par Michel, elle se révèle être la dernière petite amie d’Alexandre, se prénomme Gloria et n’a pas de domicile.
Espérant confusément réparer la mort de son fils, Marc lui propose de l’héberger. Gloria, sauvage, solitaire et démunie, accepte la proposition sans un remerciement ni un sourire. Michel se méfie aussitôt d’elle. Il la suspecte de vouloir se venger de Marc qu’elle estime responsable de la mort d’Alexandre. Mais ce sera Michel, la première « victime » de Gloria. Elle l’aguiche et sème la zizanie dans son couple. Dans une atmosphère de suspicion de plus en plus grande, le peintre, Gloria, l’agent et sa femme partent plusieurs fois en week-end. À la fin de l’automne, peu après l’une de ces excursions, Gloria disparaît. Elle est retrouvée trois jours plus tard dans le coma, violée et battue…
L’enquête de police échoue, mais Marc croit savoir qui a agressé Gloria et décide de se charger personnellement de le confondre.

« Les plus atteints étaient les plus jeunes » écrit Djian en ouverture de ce livre qui ausculte la jeunesse des années 2000, à travers les passages à l’acte ultra-violents d’Alexandre et de Gloria, et la façon dont leurs aînés, pourtant pas si éloignés d’eux, les regardent sans les comprendre.
Portrait d’un monde plus nihiliste que jamais, magistralement servi par la plume cinématographique de Djian, Vengeances est un livre tendu et captivant.
"

Avec un tel titre on s'attend à pas grand chose de nouveau: sang, meurtre, histoire de famille, etc... Rien de bien neuf mais un bon thriller comme il y en a tous les étés. Un de ces romans que l'on met dans son sac de plage. On pense savoir...mais il n'en est rien. On a beau chercher, tourner les pages dans tous les sens: pas de crime, pas de secret inavouable. Juste un suicide inexpliqué autant pour nous que pour Marc, héros du roman, qui nous entraîne dans sa vie d'artiste mondain drogué et alcoolique. Sa vie est en lambeaux, et plus les pages passent et plus il se détruit, lui ainsi que ses deux meilleurs amis Michel et Anne, emportant la jeune Gloria - petite ami de son défunt fils- avec. C'est l'histoire de la chute de ces quatre personnages, provoquée par on ne sait qui. L'un d'eux ou tous à la fois.

Homo Erectus

Homo Erectus, Tonio Benacquista, édition Gallimard

Quatrième de couverture:
"Imaginez une confrérie informelle qui réunit exclusivement des hommes, venus se raconter, en quelques mots ou en quelques heures, leurs histoires d’amour, sentimentales ou sexuelles. Des histoires qui, ainsi racontées, accèdent au rang de fictions. Des témoignages bruts, aussi, puisque l’histoire de chacun ne donne lieu à aucun débat, à aucune remarque : on raconte et on s’en va, tandis que les autres écoutent et se taisent. De la brève rencontre à l’attachement sentimental, ces récits viennent ponctuer trois histoires particulières qui illustrent chacune un aspect paradoxal des relations homme-femme. Il y a ainsi l’homme qui est devenu « invisible » aux yeux des femmes, enfermé dans une douloureuse solitude qui vire à la dépression, lorsqu’une inconnue fait intrusion chez lui et décide de s’y installer sans lui demander son avis. À tout prendre, cette compagnie forcée vaut-elle vraiment mieux que la solitude ? Autre récit, celui du mari trompé, dont l’infortune conjugale est le drame de sa vie. Pour se venger de l’infidèle, il décide de ne fréquenter que des prostituées, de manière tout à fait rationnelle et organisée, d’ailleurs, puisqu’il y consacre un budget mensuel bien établi. Va-t-il parvenir à s’accomplir à travers cette diversité de femmes ? Autre histoire complexe que celle de l’intellectuel quelque peu médiatique qui se passionne pour les « people », au point de tomber amoureux d’une top-model. Quelles extravagances spectaculaires vont-elles bien pouvoir sortir de ce choc culturel entre le paraître et l’intériorité ? Un roman aussi drôle que tendre, qui décortique avec brio les cas de figure les plus épineux – et les plus inédits ! – de la relation amoureuse. "

Ce livre pourrait être résumé par l'expression "sensibilité masculine". Il se lit avec plaisir, sans essoufflement et nous fait rire, réfléchir, et sortir les mouchoirs (pour les plus sensibles). Les trois hommes dont nous suivons le parcours sentimental nous apparaissent attachants et l'on se surprend à souhaiter leur bonheur dès les premières pages du roman. 270 pages de bonheur, ce qui nous parait trop court une fois la lecture achevée.

Tour de plume

Tour de plume, Caroline Deyns, édition Philippe Rey

Quatrième de couverture:
"Si vous poussez la porte de la librairie de Monsieur H., vous le trouverez, derrière son comptoir, cachant sa frustration sous un sourire affable. Car Monsieur H., grand amateur de littérature, se désespère en silence de ne pouvoir écrire lui-même une œuvre. Après quarante années de vains efforts, il semble cependant prêt à déposer les armes – son stylo-plume en l’occurrence – et à se consacrer à ses clients.
Un jour, une jeune fille, Isis, entre dans la boutique pour demander son chemin, griffonne un plan, et, cédant à la tentation, dérobe le stylo-plume du libraire. L’objet passera alors de main en main, pour nous entraîner dans une étonnante ronde de personnages : Isis elle-même, fragile adolescente aux journaux intimes peu communs ; Paul, jeune homme faussement ordinaire, s’égarant de soirées arrosées en nuits décousues ; Sybille « bibliovore » obèse, qui s’est volontairement ensevelie sous la graisse au fil des ans ; Emma, trentenaire rangée dont la soudaine déraison ravive une ancienne fêlure ; Roman Hipser, écrivain reconnu…
Ainsi se déroule avec brio un récit dévoilant les failles de chacun, jusqu’à un surprenant final. C’est seulement alors que se révèle le sens du roman, de ce Tour de plume à la saveur douce-amère qui sait si bien tisser des liens entre l’amour des livres et les blessures des hommes.
Caroline Deyns vit et travaille en Franche-Comté. Tour de plume est son premier roman. "

Ne l'ayant trouvé nulle part ailleurs qu'à la Fnac et ce malgré de longues recherches , ce livre était devenu une véritable obsession et une fois acheté je l'ai lu d'une traite.

Tour de plume de Carolyne Deyns est un premier roman épatant. C'est du Ana Gavalda avec le cynisme en plus. On se laisse guider par le narrateur, suivant un à un les personnages pour finalement se retrouver aussi manipulé, au grès d'un hasard bien calculé, que le stylo, véritable héros de l'histoire.
La fin, surprenante nous amuse et nous réjouit (heureux de constater que non, elle n'est pas si simple à deviner). Un très bon livre!