samedi 27 octobre 2012

Cher inconnu

Cher inconnu, Berlie Doherty, collection Pôle fiction, ed. Gallimard.

Ce livre me tentait depuis longtemps, je trouve que cette couverture est très attractive, pas vous?

Cher inconnu est un roman "écrit" à deux mains: nous pouvons lire ce qu'écrit le héros, Chris, et nous pouvons lire les lettres de sa petite amie, Helen.  
Tous deux sont amoureux l'un de l'autre et s'entendent à merveille malgré leurs différences: Helen est terre-à-terre, intelligente et sait déjà ce qu'elle veut faire plus tard. On lui promet un brillant avenir de musicienne ou encore de danseuse, tout lui réussit. 
Chris, lui, sait plus ou moins jouer de la guitare, adore le vélo, et pense se diriger vers la littérature, mais il n'en est pas encore très sûr. 
Ils sont jeunes, tout juste 16 ans, et on la vie devant eux. Ils ont tout prévu, sauf qu'Helen tombe enceinte après une seule nuit. 

Le roman de Berlie Doherty est franc et poétique, autant avec la question de la maternité adolescente qu'avec les personnages. 
Helen passe par tous les sentiments concernant son lien avec l'enfant, et doit affronter un avenir de plus en plus incertain, ainsi qu'une famille aimante mais peu habituée à faire des compromis. 
Chris lui, romantique et rêveur, va devoir se tourner vers son passé pour retrouver sa mère, et affronter la nouvelle Helen, devenue plus adulte quand lui sait à peine où il en est. 
On noue un "lien" avec ce livre, et on suit cette aventure humaine en se demandant jusqu'à la dernière page ce qu'il va advenir de nos deux héros.

Un bon livre, que je trouve dommage de réduire à la seule lecture féminine, malgré les lettres, la plus grosse partie du roman est du point du vue de Chris, un jeune adolescent qui va nous faire partager son amour pour Helen, ses angoisses et ses désirs d'avenir. 


jeudi 18 octobre 2012

Les vacances de Jésus & Bouddha

 Les Vacances de Jésus & Bouddha (tome 1 à 4, série en cours), Hikaru Nakamura, ed. Kurokawa.

    Ces derniers temps côté manga, j'ai eu un énorme coup de coeur pour la nouvelle série d'Hikaru Nakamura: Les Vacances de Jésus & Bouddha! Et si on en parlait un peu...

Je vous vois déjà faire une grimace d'incompréhension par rapport au titre de cette série, tout en disant un grand "hein?" pour bien montrer votre état! Et je comprends! Moi aussi, j'ai eu beaucoup d' à priori sur cette série au début. Rien que le titre me rendait perplexe, je voyais mal comment Jésus et Bouddha pouvaient partir au Japon pour se reposer mais bon... et pourtant! 
C'est là tout le génie d'Hikaru Nakamura: il parvient à nous rendre ces deux légendes plus vraies que nature. 

On a la joie de découvrir des personnages (oui, car ici pas de cours de religion ou de leçon de moral, juste deux hommes légendaires qui tentent de s'en sortir au quotidien en oubliant leur côté saint) hauts en couleur, touchants, amusants et même parfois tordants! L'humour est au rendez-vous, tout comme l'humanité et le coeur. 
Les Vacances... (on va raccourcir le titre, c'est un peu long, vous ne trouvez-pas?) est une série qui touche et rend heureux le temps d'une lecture. On suit avec joie et passion la vie quotidienne de Jésus et de son ami Bouddha qui découvrent la vie japonaise du XXIe siècle. Alors des fois ça marche (ils gagnent un concours de duos comiques) et des fois c'est un peu la galère (le métro japonais n'est pas une mince affaire pour Bouddha)... mais ça fait toujours rire! Avec une panoplie de références historiques tournées un peu à la dérision, mais jamais méchamment, et de personnages plus fantasques les uns que les autres (anges surexcités et disciples plus qu'admirateurs), on ne risque pas de s'ennuyer.

Les Vacances... c'est une chance unique de découvrir un Jésus dingue des ordinateurs et des déguisements,  ou encore un Bouddha soucieux de sa ligne et grand fan de mangas. C'est beau et reposant. Tout simplement génial!






Quand Jésus & Bouddha font une pause après le patin à glace...

Sukkwan Island

Sukkwan Island, David Vann, ed. Folio.

Ne vous fiez pas à la couverture du livre, elle est trompeuse, tout comme le résumé. 

"Une île sauvage de l'Alaska, tout en forêts humides et montagnes escarpées. C'est dans ce décor que Jim emmène son fils de treize ans pour y vivre dans une cabane isolée, une année durant. Après une succession d'échecs, il voit là l'occasion d'un nouveau départ. Mais le séjour se transforme vite en cauchemar..."

Le livre se sépare en deux parties; la première pourrait être dite "Partie de  Roy", bien que ça ne soit pas écrit à la première personne on comprend que le personnage principal de cette première moitié du roman est Roy, l'ado de 13 ans, qui a décidé de suivre son père fantasque dans cette aventure risquée. Il sait que son père ne va pas bien, et sait que leur relation père-fils ne vaut plus grand chose, il ne sait même plus pourquoi il a accepté de le suivre sur cette île. Mais Roy est un garçon volontaire, et après plusieurs déboires parvient à se faire à l'idée de rester sur Sukkwan Island, malgré toutes les épreuves.

La seconde partie concerne principalement le père, et l'on quitte un "héros" un peu rêveur mais terre-à-terre pour rencontrer un nouveau personnage qui nous apparaît encore plus perdu que ce que l'on croyait. 

David Vann, l'auteur, écrit d'une manière douce mais froide. Ce livre nous plonge dans une nature sauvage et rude aussi bien avec les personnages qu'avec le décor, et nous rend complètement mou au fil des pages. On se laisse bercer comme on le ferait lors d'une promenade en plein hiver, et en même temps on ne peut s'empêcher de rester sur ses gardes, jusqu'à la fin. David Vann sait comment rendre son lecteur anxieux jusqu'à la dernière ligne. 
On est comme Jim: déboussolé, éprouvé, fatigué à la fin de notre lecture, "on ne comprend rien à temps". L'écrivain nous jouera un mouvais tour jusqu'au bout.

Un merveilleux roman obscur et tragique à ne pas mettre entre toutes les mains, les âmes les plus sensibles ne risquent pas de survivre sur Sukkwan Island.

mercredi 17 octobre 2012

Je ne suis pas un serial killer

Je ne suis pas un serial killer, Dan Wells, ed. Pocket.

C'est dur la rentrée, surtout quand on doit lire une dizaine de livres en un temps limité. J'ai toujours eu du mal avec la lecture imposée... enfin bref! Maintenant que le plus gros est passé, je reviens pour parler de mon dernier coup de coeur: le premier roman de Dan Wells, écrivain américain qui a bien fait de se tourner vers la plume. Le premier volet de sa trilogie, Je ne suis pas un serial killer est un régal! 

John Wayne Cleaver, 15 ans, a le nom d'un acteur, mais aussi d'un serial killer, ça ne le dérange pas plus que ça. Au contraire même! Les tueurs en série, il adore ça. Depuis tout petit, tout ce qui touche aux meurtres, aux cadavres et au morbide, l'attire. C'est plus fort que lui. Il en connaît un rayon sur le sujet, et quand plusieurs meurtres sanguinaires commencent à se produire dans sa ville perdue d'Amérique, il se met en tête de poursuivre le meurtrier, avec pour seul arme sa tête. Car qui est mieux placé pour comprendre un monstre, qu'un autre monstre? 

Je ne suis pas un serial killer est le premier volet d'une trilogie imaginée par Dan Wells. Bourré d'humour noir, d'ironie et de références morbides, il fera la joie des fans de la série Dexter ou de tout ce qui s'approche de ce genre littéraire où enquête policière et sadisme ironique font bon ménage. 

Bien que l'intrigue du roman, en elle-même, soit peu profonde (le coupable est rapidement démasqué), ce livre s'en sort haut la main grâce à son personnage principal: John. En effet, on suit un héros hors du commun: c'est un sociopathe. Il ne s'intéresse pas aux serials killers par goûts morbides, mais parce qu'ils se sent proches de ces meurtriers. Et c'est par désir et curiosité qu'il lance un défi à l'assassin de sa ville, pas par empathie (de toute façon il n'en a pas). 
L'enjeu entre John et le coupable est simple: le premier qui arrête l'autre à gagné. Car John connaît très bien le meurtrier, et se dit que pour l'arrêter il lui faudra tuer à son tour. 
La question principale est donc la suivante: John va-t-il pouvoir retenir ses instincts meurtriers face au "démon" de sa ville, ou va-t-il laisser sa part d'ombre prendre le dessus? 

Je ne suis pas un serial killer se lit d'une traite, on se laisse guider par John qui cherche à piéger son coupable tout en essayant de vivre une vie normale pour un lycéen (difficile quand on doit retenir ses pensées morbides tout en aidant sa mère au funérarium familial). La tension grimpe de chapitre en chapitre au fil du duel entre les deux monstres et les quatre dernières phrases nous laissent sans voix. Une fin qui donne envie de foncer vite fait vers le deuxième tome, sortit en juin dernier: Mr Monster.



mercredi 26 septembre 2012

Plagiat

 Plagiat, Myriam Thibault, ed. Léo Scheer.

   Et oui, après toutes ces semaines de lecture-manger-dormir, je reviens enfin pour continuer une nouvelle année littéraire. 
On commence fort cette rentrée avec le nouveau Myriam Thibault, Plagiat. Depuis 2010, elle est au rendez-vous, et plus le temps passe et plus on est heureux de la lire.

Plagiat raconte l'histoire d'un écrivain "légèrement désabusé" sur sa vie de couple (voire sur sa vie tout court, il donne l'impression d'être assez blasé sur tout ce qui l'entoure). Il aime sa femme, enfin au début, maintenant il s'est habitué à elle comme on s'habitue à sa moquette. En clair: c'est la routine, et il ne va pas s'en plaindre. Seulement, sa chère épouse n'est pas de son avis, et malgré toutes ces années, parvient à le surprendre en le quittant du jour au lendemain, sans même lui laisser un mot (par contre, le chien est toujours là). 
C'est là que commence son aventure affective. Passant du désespoir puis à la colère, notre héros décide de se venger de cette séparation trop soudaine en écrivant son prochain roman sur sa femme, se basant sur de vieilles lettres d'amour qu'elle lui avait envoyé alors qu'ils n'étaient pas encore mariés. Un pari risqué pour l'écrivain car les répercussions seront lourdes. 

On avait quitté une jeune demoiselle, avec Plagiat, on découvre une Myriam Thibault mature mais également adulte (oui, il y a une différence). D'un style direct, simple et droit, elle arrive à décrire dans les moindres détails toute l'avalanche de sentiments qui suit une séparation non désirée: le sentiment d'abandon, la tristesse, la colère, la haine, le désir de vengeance, les regrets et finalement la lassitude et l'oubli. Ici, rien n'est laissé au hasard, et notre personnage principal nous amuse et nous attriste tant il nous paraît crédible et humain. 
Avec ce nouveau roman, l'écrivain nous surprend par ce changement de registre (mince alors, où sont passées les descriptions de la capitale?) si bien contrôlé. Elle reste, cependant, fidèle à elle-même et continue de nous faire rire en glissant ça et là des références (humoriste, série télévisé, etc.) beaucoup plus discrètes que dans sa première oeuvre. 
Plagiat est un excellent roman sur les sentiments et les catastrophes qu'ils peuvent provoquer quand ils prennent le pas sur la raison. Ici pas de morale, pas d'avis personnel, juste un exemple. Simple, mais efficace. 
On se dit rendez-vous à la rentrée littéraire 2013, alors?  

  

mercredi 15 août 2012

Sentiment 26

Sentiment 26, Gemma Malley, Michel Lafon.

   J'avais entendu parlé de La Déclaration, mais ça ne m'avait jamais tenté. Pourtant Gemma Malley a réussi à me rendre curieuse avec son nouveau roman: Sentiment 26. En pleine période "à la découverte de la science-fiction" je me suis lancée dans cette lecture.

Après les Horreurs, l'homme à découvert d'où venait le Mal. Le Mal se trouve dans l'amygdale, une partie inutile du cerveau humain. Comment? L’amygdale ne sert à rien et en plus c'est ce provoque le Mal chez l'homme? Et ben on n'a qu'à l'enlever! Et hop! 
C'est donc ce qui se passe dans la Cité où demeure Evie, ici tout le monde a été opéré, et le mal n'existe plus. On est étiqueté par le Système, de A à D. Les D sont des êtres fragiles qui se sont laissés tentés par le Mal, les E quant à eux sont Mauvais, des Maudits. Qu'il faut absolument éloigné des autres habitants de la Cité, avant que tous soient condamnés à devenir les proie du Mal. 
Evie fait de son mieux pour être une fille bien, docile et obéissante. Mais elle est amoureuse. Raffy est l'homme de sa vie, son confident, son meilleur ami. Raffy, le rêveur, l'insolent, celui qui provoque un peu trop l'attention sur lui. Et comble de l'horreur: il l'aime aussi. Les deux adolescents se rejoignent le soir près d'un arbre, et rêvent de liberté, d'une ville où ils pourront s'aimer sans problème.
Mais Evie n'a pas le choix, elle doit renoncer à Raffy, et épouser le frère aîné de son petit ami: Lucas. Le merveilleux Lucas, le A, le bras droit du Frère, le froid et beau Lucas. Le "robot" comme l'appelle son cadet.
Mais Lucas n'est peut-être pas si insensible que ça, et quand il vient demander l'aide de la jeune fille pour sauver le vie de son frère qui est passé E, Evie est prête à tout: écouter Lucas qui peut être un espion du Frère, devenir une E à son tour, trahir ses parents et s'enfuir de la Cité.

A priori, il y a une suite. Et tant mieux parce que ce roman nous laisse sur sa fin! L'histoire s'arrête d'un coup,  et avec une multitude de questions qui demeurent sans réponses. 
Ici, la Cité, les mystères et les personnages sont bien pensés. Le style clair et quelque peu mélancolique. Evie  peut parfois énerver, elle a trop été formatée par la Cité et craint de devenir Mauvaise quand elle se montre tout simplement humaine. Ses sentiments pour Raffy, et ses doutes concernant Lucas sont bien retranscrits et cette jeune héroïne est touchante malgré son côté naïf. 
La deuxième partie du livre est peut-être un peu trop rapide (à mon goût) mais si suite il y a, ça tient la route. Pas de coup de coeur car c'est trop court malgré 317 pages: il faut une suite, ça ne peut pas s'arrêter comme ça! Que quelqu'un demande à Gemma Malley de sauver ses lecteurs.

Kaleb

Kaleb, Myra Eljundir, Collection R, ed. Robert Laffont.

   Bon, n'ayant plus aucun secret pour vous, tout le monde est déjà au courant que dès qu'un livre parle de personnages méchants et de choses sanglantes j'accoure tel un chat derrière une souris et... hum! Enfin bref, j'aime les histoires un tantinet sordide. Et c'est le ruban de Kaleb qui m'a donné envie de découvrir ce roman, premier tome d'une série en cours.
"C'est si bon d'être mauvais", nous annonce-t-il. Super! un antihéros qui promet d'être charismatique! 

L'histoire? En gros c'est celle de Kaleb, jeune homme sûr de lui et de sa gueule d'ange auprès de la gente féminine qui découvre un jour qu'il a le don d'empathie. Et qu'apparemment il n'est pas le seul. A force de recherches et de curiosité (mal placée pour sa peau) Kaleb découvre qu'ils sont plusieurs êtres surnaturels comme lui à vivre cachés. On les cherche, et pas pour prendre le thé. Une organisation militaire fait tout pour leur mettre la main dessus: ils sont trop dangereux pour la société. Notre héros doit donc faire un choix: rester sage et ne pas user de son don, ou alors devenir mauvais et provoquer des problèmes à tout son entourage. Le choix est vite fait: si il veut des réponses à toutes ses questions, sur sa mère, sur l'homme noir de ses rêves et sur la mystérieuse Abigail qui le hante, il va falloir qu'il affronte celui qui le cherche. Tant pis pour les conséquences.

J'avoue avoir été plutôt déçue par ce roman. Il y avait tout: des mystères, un héros mauvais et une lutte jusqu'à la mort. Mais ça ne va pas. Les mystères sont trop vites résolus pour qui utilise un minimum son cerveau, les personnages sont encore au stade de l'ébauche, parfois même clichés (on pense notamment à un  méchant militaire pas gentil du tout avec ses prisonniers).  Quant à Kaleb, alors qu'il avait un énorme potentiel, l'auteur ne parvient pas à le rendre si "mauvais" que ça. Il a du mal à déramer pourrions-nous dire. Mais il n'y a pas que des points noirs. L'homme des rêves de Kaleb est, en particulier, excellent.

Ce tome est le premier de la série, et j'hésite fortement à continuer, vu qu'on se doute déjà de la toute fin (ou alors c'est signe qu'il faut que j'arrête de trop réfléchir quand je lis). Mais peut-être que je me trompe, et je l'espère! En tout cas, je vous conseille d'aller jeter un coup d'oeil, car je pense que c'est intéressant de lire Kaleb, mais je n'irais pas jusqu'à dire que le roman révolutionne le fantastique. Attention aux "âmes sensibles", le livre est déconseillé au moins de 15 ans.

lundi 25 juin 2012

Les Agents Littéraires: Ecoute ton coeur

Écoute ton coeur, Luc-Olivier Moreau, Edition Société des Écrivains.

Quatrième de couverture: "D'une nature émotive, issu d'une famille nombreuse, le petit Lucien débute son enfance en souffrant de l'incompréhension du monde qui l'entoure. La rencontre d'une petite "Églantine" fera battre son coeur mais la vie l'emmènera ailleurs, lui infligeant un chagrin profond.
Il croisera le chemin d'un vieux sage chinois qui va lui permettre de grandir en gérant ses émotions, en lui apprenant l'art du combat et en l'entraînant dans une aventure au sein des services secrets, lui faisant vivre de multiples péripéties. Bien plus tard, un changement radical va bouleverser sa destinée...
Portrait d'une vie pleine de rebondissements porté par un style tour à tour vif et nostalgique, ce roman trépidant de Luc-Olivier Moreau nous peint un samouraï des temps modernes, qui cherche la sagesse au milieu de l'aventure et le bonheur sous une violence, la sienne et celle du monde, qu'il tente de canaliser. La sérénité et l'apaisement seront peut-être au bout de cette route tortueuse et sauvage, de cette vie intense."

   En voilà un étrange petit livre! Enfin, pas si petit que ça vu qu'il fait 299 pages! Et pour ce genre d'histoire le nombre de pages est important: trop de mondes à découvrir.

   L'histoire commence avec un Lucien adulte qui mène une vie de solitaire apaisé et heureux. Le temps d'une  promenade dans sa future demeure en pleine campagne on comprend que le récit sera tout aussi paisible du début à la fin, malgré les aventures et les émotions qui traverseront les lignes. 
Après cette découverte on rencontre le tout petit Lucien, l'enfant rêveur et muet, observateur qui vit dans un Paris d'un autre temps. C'est là que commence l'aventure dans les différents univers: on passe de la vie de famille basique et joyeuse aux risques du métier, d'une histoire d'amour à vie à l'apprentissage de la sagesse chinoise pour un adolescent en quête de savoir.

L'auteur nous plonge dans cette vie d'homme complexe et simple. A la fois mystérieux et compréhensif, Lucien a le luxe d'avoir plusieurs existences dans une seule vie.  D'un style poétique, reposant et tranquille l'auteur nous donne ici un roman plein de sentiments et de tableaux différents et similaires qui forment un tout,  les différentes aventures de Lucien forme comme un puzzle au fil des années, et il est évident que la pièce la plus importante est celle de l'amour.

Beau, simple et tranquille, Écoute ton coeur est un roman entre le récit et le conte pour adulte qui nous emmène en voyage le temps d'une lecture, et on prend volontiers la route en compagnie du petit-grand Lucien.

Et s'il fallait mettre une note, ce serait...4/5.

vendredi 15 juin 2012

Lire en Thème: Frisson

   Bonjour bonjour! Et voilà! Le premier challenge de "Lire en Thème" proposé par Lire sous la Lune se termine aujourd'hui. Nous devions tous lire des livres en rapport avec le thème imposé qui était celui du "frisson".
Moi qui suis une grande fan de ce genre, je me suis fait une joie de ressortir mes petits chéris, ma PAL étant déjà malheureusement trop pleine pour investir dans de nouvelles découvertes tant qu'elle n'aura pas sérieusement diminuée.
Aller! Commentons ces belles lectures!

Le Parfum, P. Süskind, ed. Le Livre de Poche
  Il s'agit d'un de mes romans favoris, je ne me lasse pas de cette histoire. Le personnage principal (Jean-Baptiste Grenouille) parvient, à chaque relecture, à me fasciner et le dénouement de ce roman est un paroxysme de noirceur, d'amour et de folie. Ce livre nous transporte à chaque fois, et nous laisse pantois à tous les coups. Un roman de génie dans le domaine des serial killer. Un magnifique tableau, autant sur le plan historique (XVIIIe siècle français) que sur le plan de la psychologie et des senteurs, un bon roman démoniaque a mettre sous le nez de tous.

Hannibal Lecter, Les origines du mal, T. Harris, ed. Albin Michel
  Je l'avoue: je suis une grande fan d'Hannibal Lecter, et si il y a un truc que j'adore savoir c'est le passé de personnage tel que lui. Et quel passé! On plonge ici dans une enfance qui a tout pour être merveilleuse et qui est gâchée par l'horreur de la guerre et des actions qu'elles provoquent chez les pires hommes. Avec Les Origines du mal on comprend non seulement le penchant morbide pour "Hannibal le cannibale" mais aussi la psychologie à part de cet homme à l'intelligence si vive qui avait tout pour être heureux si la vie en avait décidé autrement.


Et oui, malheureusement je n'ai eu le temps de ne lire que deux romans mais je ne regrette rien. Je remercie même Lire sous la Lune, j'aime replonger dans des livres qui m'ont particulièrement plût et ces deux-là ne font pas exception! Alors si vous aimez frissonner, n'hésitez pas et partez à la rencontre de ces deux personnages sanguinaires hors du commun.

mercredi 13 juin 2012

Afterschool Charisma


Afterschool Charisma, tome 1 (5 tomes parus, série en cours), Kumiko Suekane, éditions Ki-oon.

   Trouvé hier dans les rayons d'un certain Virgin parisien, je me suis lancé dans la découverte de ce manga hors du commun ce matin et je dois déjà vous annoncer que cette série, si elle suit le cours du premier tome, a tout pour devenir rapidement un chef d'oeuvre. Et pourtant c'est dur de me plaire dès le premier chapitre (j'aime tellement trouver des défauts)! 

Imaginons un instant que les personnages les plus illustres de l'histoire mondiale, en passant du génie au meurtrier, soient clonés. Imaginons maintenant que tous ces clones se retrouvent dans une illustre académie où ils doivent étudier sérieusement afin de poursuivre le chemin de leur original et d'améliorer leur travaux. C'est la grande ligne de ce manga. Dans cette académie remplie de clones, le jeune Shiro Kamiya, unique humain originel suit ses études dans cette étrange et prestigieuse école, à la demande de son père, scientifique travaillant sur les clones. Difficile de trouver sa place quand ses voisins de dortoir se trouvent être Sigmund Freud, Napoléon Bonaparte ou encore Wolfgang Amadeus Mozart, et pourtant Shiro fait son maximum pour s'intégrer, et même se fait des amis (et pas toujours les plus approchables, qui aura la curiosité de lire comprendra), s'entendant à merveille avec Albert Einstein, Elisabeth Ier, il éprouve même quelques sentiments pour la douce Marie Curie. Mais tout n'est pas rose dans cette académie, et pendant que certains se réjouissent d'être ce qu'ils sont (Raspoutine par exemple), d'autre se posent des questions. C'est le cas de Marie, la jeune fille se demande sans cesse pourquoi elle est née Marie Curie et pas Mozart, douée pour le piano elle rêve de poursuivre des études dans le domaine musical et saute de joie lorsque la direction de l'académie lui annonce qu'elle sera transférée dans une école de musique, à la demande de Shiro. Seulement on se pose rapidement des questions: le clone de Kennedy est abattu en pleine campagne électorale et Marie ne donne plus signe de vie. Et si le destin de ces clones était plus sinistre que ce que l'on leur promet? Shiro, en ami fidèle et inquiet, va vite se rendre compte que quelque chose cloche...

  L'idée principale du manga est simple mais il fallait tout de même y penser, et surtout oser réunir dans un seul endroit autant de personnages prestigieux. Afterschool Charisma a tout de la grande série où la psychologie des personnages, l'histoire et les questions morales s'entremêlent à merveille pour donner quelque chose de coriace à se mettre sous la dent. 
Avec un dessin mature, fin et droit (oui, un dessin peut être droit...comment ça j'ai des expressions bizarres?) et un humour grinçant qui laisse respirer le lecteur deux secondes (un exemple? Napoléon est accusé d'imposture, se révélant être bien plus grand que son original), on découvre un manga qui a encore de beaux tomes devant lui. Le thème du clonage, des erreurs de l'histoire et de l'humanité vous amènerons à vous questionner: après tout, qu'est-ce qu'un clone? Une pâle copie où un être vivant qui a lui aussi des raisons de vivre dans un monde qui ne veut pas de lui? Et surtout, qui est l'anomalie dans cette académie: le clone d'un personnage mort depuis plusieurs siècles, où l'humain qui n'a encore rien accompli?

Illustration tome 1, de gauche à droite:
Florence Nightingale, Ikkyû, Elisabeth Ier, Napoléon Bonaparte, Sigmund Freud, Shiro Kamiya, Marie Curie.

Black Butler

Black Butler, tome 1 à 10 (série en cours), Yana Toboso, éditions Kana, collection Dark Kana.

   Je ne pouvais pas passer à côté de ce manga alors que le tome 10 vient enfin d'apparaître dans les librairies! 
Les japonais apprécient la culture anglaise, du moins dans le monde de l'animation, c'est bien connu (même si nous, chers occidentaux nous raffolons de leur culture nippone en retour, il faut bien le reconnaître), et Black Butler en est un parfait exemple.

L'histoire se déroule dans la belle Angleterre de la fin du XIXe siècle, le jeune comte Ciel Phantomhive est l'unique hériter de la société Phantom, premier fabricant de jouets de l'empire britannique depuis quelques années. A première vue tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes pour le jeune Ciel, et ce charmant garçon de 12 ans au visage angélique a tout pour être heureux, mais à Londres tout le monde connaît la terrible tragédie qui a touché le manoir Phantomhive: un incendie a tué les parents du jeune Ciel qui fut porté disparu avant de réapparaître du jour au lendemain. L'enfer qu'à vécu le jeune garçon l'a changé à jamais et de l'enfant joyeux et innocent il est devenu un adolescent capricieux, dangereux pour ses adversaires et qui cherche par tous les moyens à se venger. Cette affaire date de deux ans déjà, et son fidèle majordome, Sebastian Michaelis, le suit comme son ombre depuis cette époque-là. Personne ne sait où le maître et le serviteur se sont rencontrés mais tout le monde sait que lorsqu'un enfant portant un bandeau sur l'oeil droit et un majordome tout de noir vêtu sont dans les parages c'est que les affaires les plus sordides se déroulent dans la capitale. 
La famille Phantomhive est au service de la reine depuis des années, et Ciel ne déroge pas à la règle. En fin limier il résout une à une les enquêtes que lui donne sa souveraine et prouve ainsi qu'il a sa place dans le monde de l'ombre. L'ombre et le mal il connaît, il pourrait même dire que ça veille sur lui comme un fidèle majordome.

Adapté en anime depuis quelques années, Black Butler a tout pour plaire: un duo de héros charismatiques et suffisamment ténébreux pour que le lecteur s'interroge à tous les chapitres, un univers construit sur de bonnes bases historiques et fantastiques et avant tout une histoire alléchante et intéressante.
Les premiers tomes peuvent être trompeurs: malgré l'humour bon enfant et les premiers chapitres qui servent d'introduction à la série, Black Butler a tout du roman noir qui jongle aisément entre l'enquête policière et le fantastique légèrement sordide (rire jaune). En effet plus l'aventure se poursuit et plus les lecteurs doivent s'accrocher pour supporter la noirceur de l'univers de Yana Toboso. 
Si je devais comparer cette mangaka à un grand nom du genre ce serait, sans hésiter, Kaori Yuki (Angel Sanctary ou encore God Child), que ce soit l'amélioration du dessin au fil des tomes où le monde qui devient de plus en plus noir Yana Toboso parvient à friser le chef d'oeuvre, mais il est encore un peu tôt pour se décider, les dix tomes déjà sortis ne sont qu'une mise-en-bouche, la suite promet d'être grandiose! Après tout, Sebastian est un "diable de majordome"...

Black Butler, saison 1

Promise

Promise, Ally Condie, Gallimard Jeunesse

Promise ne me disait franchement rien au départ, je l'avais pris plus pour savoir de quoi ça parle qu'autre chose, et c'est une très bonne chose que de l'avoir fait! Ce livre est une vraie petite surprise!

Dans un monde autoritaire où le gouvernement a toujours raison et l'individu toujours tord, Cassia, jeune adolescente s'apprête à connaître enfin le visage de son promis. Jeune homme qui a partir de ce jour sera son futur mari et l'homme qui partagera le reste de sa vie. Elle est heureuse: son promis n'est autre que Xander, son meilleur ami qu'elle connaît depuis l'enfance. Le ciel ne pouvait pas être plus cléments pour ces deux-là qui se retrouvent soudainement sur un petit nuage.
Mais la vie n'est pas toujours simple et peut parfois être pleine de rebondissements malgré le quotidien monotone que l'on mène dans cette cité si parfaite. Alors qu'elle veux visionner la vidéo de son promis pour en "apprendre" plus sur lui, Cassia ne reconnait pas le visage de Xander, et pour cause, ce n'est pas Xander mais Ky, un ami et voisin de la jeune fille classé "aberration" depuis qu'il est arrivé dans la cité pour y vivre avec son oncle et sa tante. Il vient de loin Ky, des contrées lointaines où l'homme n'est pas encore tout à fait sous le joug de cette société. Deux choix s'imposent alors pour Cassia: le premier et le plus sage consiste à faire celle qui n'a rien vu et à continuer de vivre normalement sans avoir de libre-arbitre dans ce monde où même la poésie est interdite, et le deuxième et le plus risqué consiste à connaître ce Ky, et à apprendre plus qu'il n'en faudrait dans ce monde où la perfection est imposée à tous.

Ce qui peut être très gênant dans ce genre d'histoire où les personnages vivent dans des mondes "parfaits" c'est que le héros, ou ici l'héroïne, soit du genre tête-à-claques. Et Cassia l'est. Elle se pose des questions, et les bonnes, mais à peine pose-t-elle le pied sur le bon chemin qui mène à la réflexion elle fait tout de suite demi-tour et préfère rester dans l'ignorance protectrice. Ce qui, avouons-le, énerve au-delà des mots. On a envie de la secouer et de lui dire "mais qu'attend-tu idiote! Fonce dans le mur au lieu de jouer au robot!". Mais malgré ce petit (gros) inconvénient Promise est une bonne mise-en-bouche pour cette trilogie d'Ally Condie. On adore le personnage de Ky qui réveille l'héroïne et qui lui montre qu'un bout de papier où sont écrits quelques poèmes ne sont pas si dangereux pour la santé.
On a hâte de lire la suite, car la fin du premier volet a de quoi surprendre: Cassia ne fuit pas, Cassia ne reste pas, Cassia est réveillée, et ça change tout...

Les âmes vagabondes

Les âmes vagabondes, Stephenie Meyer, Le Livre de Poche.

Libre! Enfin! Libre! Hum...bon, après cette dure période d'examens me voici enfin en vacances et mes chers livres et moi pouvons à nouveau être réunis (c'est pas beau ça?).
Je reviens donc chroniquer mes dernières lectures et coups de coeur en commençant directement avec ce que j'appelle mon "gros coup de coeur de mai", il s'agit du livres Les âmes vagabondes de Stephenie Meyer.

Comme la moitié des adolescentes de mon époque j'ai lu Fascination, et comme  beaucoup j'ai aimé les livres mais reste plutôt sceptique au niveau des films, enfin, ça ne regarde que moi hein. Bref! J'aime beaucoup cet auteur et ai mis un temps fou pour me décider à lire son roman Les âmes vagabondes pour plusieurs raisons: d'abord, le ruban rouge avec "Twilight" marqué dessus a toujours eu tendance à m'agacer (j'ai un problème avec les rubans...) et je n'ai jamais été une très grande fan des histoires d'extraterrestres. Mais c'était sans compter les hasards de la vie (genre je tombe par hasard dans une librairie...haha!) et ma curiosité (qui me perdra un jour). Pour faire court: j'ai fini par me le procurer et par le lire.  Et, oh miracle!, j'ai adoré! Faut croire que les résumés de livres sont faits soit par des gens qui n'ont pas lu le livre en question soit par des gens pressés car entre la quatrième de couverture et le contenu du roman il y a comme une grosse crevasse de plusieurs mètres de profondeurs.

On découvre que la Terre est envahie par des aliens qui non contents de réduire l'espèce humaine à néant  sont aussi très contents de pouvoir se servir de leurs corps comme enveloppe pour leur espèce étrangère. Ces aliens qu'on appelle "âmes" sont des insectes pacifiques et explorateurs qui ne désirent qu'une chose: la paix dans l'univers tout entier. Et tout le monde sait que le moyen le plus simple pour avoir une paix universelle c'est de la provoquer. Aussi on kidnappe des humains, on les possède par le biais d'une légère opération chirurgicale et on mène une vie paisible d'insecte parasite sur Terre. Simple mais efficace.
Ces aliens ont tous pour eux: de nouveaux corps, un savoir quasi universel et une nature calme et attentionnée envers autrui. Les "âmes" sont plus à mènent de redorer le blason de la planète bleue, ils ne sont pas aussi sensibles que les humains et l'idée même de faire du mal à quelqu'un leur donne la nausée. Ces humains sont trop difficiles à suivre, vaut mieux les faire disparaître. On cherche donc les derniers survivants et ont s'arrange pour les rendre aussi inoffensifs que des nouveaux-nés.
Vagabonde est une âme, elle tient son nouveau nom de ses nombreux voyages sur plusieurs planètes et découvre la Terre pour la première fois. Elle a une mission: fouiller dans les souvenirs de son hôte et retrouver un groupe de survivant que son hôte tentait de protéger jusqu'ici. Vagabonde obéit et se met à fouiller dans le cerveau de Mélanie, la jeune fille dont elle possède désormais le corps, mais ça ne marche pas aussi bien que ça devrait. Mélanie est encore en mesure de se battre, et même réduite à un esprit très colérique qui envahie les pensées de Vagabonde, elle s'arrange pour que ses précieux souvenirs restent inaccessibles, tout en envoyant volontairement certains passages de sa vie dans la tête de Vagabonde qui découvre alors la multitude des sentiments humains: la haine des envahisseurs, la peur d'être capturée mais aussi l'amour de Mélanie pour son petit frère, Jamie et Jared, un autre survivant qu'elle a rencontré et qui les protège depuis plusieurs mois.
Mélanie veux les retrouver pour s'assurer qu'ils sont tous les deux vivants et humains, Vagabonde le souhaite également pour terminer sa mission. La recherche commence alors, et l'âme Vagabonde n'est pas au bout de ses surprises: elle va certes retrouver les deux humains qui hantent ses pensées depuis des mois, réaliser à quel point l'amour qu'elle ressent pour eux est fort, mais va aussi rencontrer tout un groupe de survivants.... qui ne sont pas vraiment ravis de la trouver sur leur territoire.

   Voici le résumé que nous pourrions faire sur la première partie du roman. Alors que l'on pourrait penser que la recherche de Vagabonde et Mélanie va durer longtemps elle est finalement très courte et Stephenie Meyer arrive à nous surprendre de bien des manières.
Il ne faut pas oublier que Les âmes vagabondes est avant tout une histoire d'amour alors il ne faut pas s'étonner lorsque que l'héroïne, Vagabonde, commence à se poser mille et une questions sur les sentiments humains (tel que l'amour ou la tristesse) qu'elle ressent au fur et à mesure de ses aventures. Mais ce qui est bien dans cette histoire d'amour c'est que le "couple" de départ, à savoir Jared et Mélanie ne peut pas réellement vivre une relation normale vu que Mélanie est considérée comme mort et que Vagabonde, qui a prit le corps de la jeune fille, n'est pas réellement apprécié par le jeune homme qui se fait une joie de lui dire bonjour avec un fusil à la main.
Ici tous les personnages sont crédibles et intéressants, chacun avec son petit bagage, et on découvre le monde humain sous l'oeil candide, pacifique et paisible de Vagabonde l'alien qui va en voir de toutes les couleurs.
Ce qui est bien avec ce roman c'est qu'il nous rend accro, non pas avec l'histoire (un peu basique non?) mais avec les réactions des personnages et avec un dénouement qui (même si certains perspicaces arrivent à jouer les devins) parvient à nous étonner jusqu'à la dernière ligne. Ici pas de grand discours sur le bien ou le mal que l'humain pourrait faire sur la Terre, même si Vagabonde ne peut s'empêcher de comparer le comportement de son espèce à celle des humains de temps en temps, ni de grands moments romantiques sur l'amour impossible mais puissant, juste une belle aventure écrite avec poésie et maturité qui nous fait voyager et rêver le temps de ces 829 pages.
 A lire absolument pour qui aime les beaux contes! 

vendredi 18 mai 2012

Les Agents Littéraires: Le Voyageur du hasard

Le Voyageur du hasard, Daniel Meunier, Les Editions La Plume noire.

Quatrième de couverture: "Le jour de ses quinze ans, Alain quitte à jamais ses parents dont il se sent incompris. Au cours de son errance le long d'une voie de chemin de fer désaffectée qui se trace, ou plutôt: qu'il trace au fur et à mesure devant lui, l'adolescent se découvre doté d'un pouvoir extraordinaire: celui de concrétiser ses rêves par la force de sa volonté. Ce don mystérieux lui permettra de survivre. Grâce à lui il gagnera sa vie en donnant des représentations de son cirque imaginaire. Il découvrira, aussi, l'amour sous plusieurs formes...comme une sorte de voyage initiatique au pays d'un certain plaisir.
Pour lecteur avertit."

Je suis tombée amoureuse, oh pas d'un joli garçon qui passait dans le coin, non. Du roman de Daniel Meunier, Le Voyageur du hasard. Autant vous prévenir: quand j'aime quelque chose j'ai tendance à le crier sur tous les toits, fermez vite les fenêtres avant que je n'aille hurler ma passion sur le votre.

Alain, adolescent de quinze ans est un magicien, un faiseur de rêves. Depuis qu'il est enfant ses songes se matérialisent dans le monde réel. Ce don extraordinaire le rend exceptionnel et solitaire, Alain n'a pas besoin de vivre comme tous les jeunes pour être heureux. Aussi décide-t-il, le soir de son anniversaire, de quitter ses parents, ses amis et sa petite vie tranquille pour errer. Voyageur dans l'âme, du genre qui n'ont pas besoin de trouver un port d'attache, Alain commence son voyage, suivant les voies de chemin de fer et ignorant les villes. Alain est dans son monde, un monde multicolore où il nous invite à le suivre sans se soucier de savoir si on accepte ou non, Alain n'a ni peur de la solitude, ni des rencontres.
Et des rencontres il va en faire durant son long périple, gagnant de quoi survivre en montant un cirque de l'imaginaire grâce à son don, il va rencontrer quatre Chris, deux filles et deux garçons qui un à un seront ses amants, d'une nuit ou d'une vie tout entière.

Le roman de Daniel Meunier est un enchantement, son style et son personnage principal, Alain, nous ensorcelle. Et tout au long de la lecture on est prit dans un tourbillon d'émotions plus fortes les unes que les autres. Ce livre nous touche plus qu'on ne pourrait le penser. Avec son érotisme poétique et son univers merveilleux, Le Voyageur du hasard s'impose dans le genre du conte pour adulte, et la douce mélancolie qui en sort renforce l'idée d'en faire un coup de coeur. 

Si je devais comparer cette lecture, par sa poésie, son charme sensuel et son personnage rêveur sans âge, ce serait avec En l'absence des hommes de Philippe Besson. J'avais été enchanté par ce livre où j'avais découverts un univers si authentique et si romanesque à la fois, et je suis heureuse d'avoir trouvé une oeuvre qui réponde si bien à ces critères. Le Voyageur du hasard n'est pas qu'un simple roman qui mériterait une pluie d'étoiles en guise de bons points, c'est un livre qui se suffit à lui-même: du genre qui n'est pas trop court ou trop long. Il est du genre à laisser le lecteur hagard à la fin de la lecture, hagard et heureux. Tellement heureux qu'il se lance immédiatement dans une deuxième lecture, c'est trop merveilleux, on ne peut pas s'en lasser!

Et s'il fallait mettre un note, ce serait: 5/5! (C'est possible de mettre 6/5?)

mercredi 16 mai 2012

Challenge “Lire en Thème”

Ouaip, moi je résiste pas aux bons rendez-vous lecture. Et ces derniers temps je me suis inscrite au challenge Lire en Thème de Lire sous la Lune! Le premier thème est "Frisson", juste l'un des mots qui me fallait pour me faire sauter de joie (comment ça j'ai des goûts bizarres?).


J'ai donc du 15 mai au 15 juin pour lire un ou plusieurs livres sur ce thème. Etant une grande fan de ce genre j'ai décidé de ressortir mes petits livres adorés afin de les relire (ma PAL étant suffisamment grande comme ça...hum hum)...mais qu'ai-je donc choisi?


Et voilà, ne sont-ils pas beaux? ^^ Je vous dis donc au 15 juin pour une chronique spéciale Frisson! Et surtout, si ce challenge vous tente, aller faire un tour sur le blog de Lire sous la Lune, plus on est de fous plus on lit! =)

lundi 7 mai 2012

The Spring Livr@Book 2012

Et ouais, cette année et pour la première fois de ma petite vie de blogueuse je participe à un swap, celui de la grande Tiboux (que mon porte-feuille déteste, on se demande bien pourquoi, hum hum) qui a organisé le Spring Livr@Book 2012.
J'étais donc en duo avec Stacy, adorable demoiselle qui m'a tellement parlé avec amour de 16 Lunes que j'ai pas résister (oui Stacy, je voyais très bien les étoiles que tu avais dans les yeux quand tu m'en parlais, si si). Enfin bref, aujourd'hui j'ai enfin reçu mon paquet! Un GRAND MERCI à Stacy! Photos à vous de jouer!

Oh le beau paquet! 
Et après une bataille avec les ciseaux...wouuaahh!!
Des marques-pages super classes!
Carte postale "Rouen For Ever" avec un gentil mot derrière et des chats...chhhatttsss!!!
(fille à matou? Non pourquoi?)

Le stylo pour se "vanter devant les copines".
Et enfin, le principal: génial! Un manga! 
Et en bonus pour Stacy...
Regarde comme le 7 est content de rencontrer ses 6 potes!
Le marque-page et le livre se sont tout de suite entendus.

Lecture de malade...

Ouaip, il y a tout juste une semaine j'ai pris un gros coup de froid, et petit à petit j'ai évolué de l'étudiante flemmarde & pseudo-volontaire à la larve qui ne pouvait pas quitter la couette sans se vautrer par terre tellement la terre tournait vite. En bref la maladie a tendance à me changer en loque, dure la vie.
Mais malgré ces longues heures d'agonie et de sommeil lourd j'ai réussi à faire marcher mon cerveau quelques instants pour relire mes classiques. Ouais parce que moi, quand je suis malade, j'aime bien relire des livres que je connais déjà par coeur, comme ça y'a pas de suspens et j'ai pas à réfléchir. Voici donc un petit bilan des lectures que je conseille pour quiconque à la chance de choper la crève.

Je sais, le rangement et moi ça fait deux...


 Prémonitions, L.J Smith, ed. Michel Lafon.
  Je l'ai acheté l'année de sa sortie, je trouvais ça amusant que chez Michel Lafon ils aient mit toute une trilogie en un gros volume comme ça (maintenant les trois volumes peuvent s'acheter séparément en format poche), et puis comme j'étais dans ma période Smith j'ai pas hésité. 
J'aime bien la base de l'histoire: un groupe d'ados aux pouvoirs psychiques doivent apprendre à se connaître et à se battre pour échapper au vilain qui leur veut du mal, avec évidemment une histoire d'amour dans le lot. C'est simple mais ça détend.
En bref, un gros livre qui fait passer le temps d'une manière bien agréable.


 Fascination, S. Meyer, ed. Hachette, collection Black Moon.
    Oui bon, je me répète encore mais j'adore ce livre. Et comme j'ai pas grand chose à dire dessus, je dirais juste que je pourrai le relire encore et encore pendant des siècles sans me lasser.

Frisson, M. Stiefvater, ed. Hachette, collection Black Moon.
  Alors lui je dirais pas grand chose car je compte faire une chronique dessus, juste dire une chose en avant-première?Coup de coeur!


Grimms Mangas, tome 1 & 2,  K. Ishiyama, Pika Editions. 
Pour ce manga j'hésite encore à faire une chronique, peut-être vidéo quand j'aurais de nouveau le pouvoir sur l'ordinateur. Bon, pas grand chose à dire: des contes de Grimm version manga, avec un dessin délicat, mignon et beau. Un beau recueil pour replonger dans les histoires de son enfance.

Tripeace, tome 1 à 7, T. Maru, éditions Ki-oon.
Celui-là j'ai promis d'en faire une chronique, comme je me suis procuré le tome 7 y'a pas longtemps je pense que la suite ne va pas tarder, j'essaye d'atteindre au moins le tome 10, je sais je suis un peu lente mais bon...on se refait pas non? Héhé.


Übel Blatt, tome 11. (chronique ici): Que dire sinon qu'on en a marre que Übel Blatt mette autant de temps à sortir, on est triste non. Bref, après cette pauvre petite plainte je dirais que l'histoire suit paisiblement son cours, que Köinzell est toujours porté disparu et que ses admirateurs sont de plus en plus nombreux. Que la guerre est sur le point de commencer et que les massacres sont toujours monnaie courante. Le dessin s'améliore toujours autant et la dark fantasy a encore de beaux jours devant elle.  

The ARMS PEDDLER, tome 2. (chronique ): Une rencontre avec la princesse à sauver, un sauvetage à la hache et aux zombies, un métro découvert et un sacrifice-rituel pour un peuple étrange et dangereux dans les ténèbres d'une ancienne ville. Ah c'est sûr que ce tome 2 n'est pas joyeux! Mais c'est tellement bien!

mardi 1 mai 2012

Comment se débarrasser d'un vampire amoureux

Comment se débarrasser d'un vampire amoureux, Beth Fantaskey, collection Msk, ed. du Masque.

En cette belle journée fériée j'avoue ne pas avoir du tout avancé dans ma PAL, j'avais même envie de retourner quelques années en arrière en relisant Comment se débarrasser d'un vampire amoureux, un roman qui ne m'avait pas paru grandiose à la première lecture. Il serait temps de lui rendre justice je crois.

Comment se débarrasser d'un vampire amoureux m'a tout d'abord attiré, à la douce époque lointaine où j'en avais fais l'acquisition, pour le titre, oh pas pour le titre en lui-même mais pour la typographie (je sais j'ai des goûts bizarres), le résumé lui ne m'avait pas paru alléchant: une adolescente américaine -parce que ça se passe qu'en Amérique les romances, vous saviez pas?- découvre qu'elle est fiancée depuis sa naissance avec un prince vampire venant de sa jolie Roumanie (parce que les vampires sont casaniers, c'est bien connu) pour lui annoncer la bonne nouvelle et la rapatrier fissa. Pas très nouveau tout ça n'est pas? Surtout que ce pauvre petit livre est sorti au moment où Twilight commençait à faire plus que parler de lui, alors malgré tous mes efforts j'avoue que l'idée jeune vierge effarouchée et vampire à la clé me mettait hors de moi (j'ai un problème avec les répétitions). Aussi j'avais lu et j'avais gardé le livre, mais je ne m'étais pas dis qu'il finirait au Panthéon des Livres. La seule chose qui m'avait plu c'était qu'ici c'était le vampire qui se prenait un râteau, et pas pour une question de danger mortel mais pour une question de principe. Jessica, l'héroïne, est une matheuse dans l'âme (folle qu'elle est!) et n'est pas du tout ravie de rencontrer un type étrange qui se met tout d'un coup à lui parler pacte, mariage et vampirisme. D'un certain côté on peut la comprendre, toutes les filles ne sont pas ac-crocs (oui fallait que je fasse cette blague, c'était une question de vie ou de mordre! Hahaha!) aux créatures de la nuit et le pauvre Lucius Vladescu est tombé sur l'une d'entre elles, vraiment pas de bol.

Maintenant que j'ai relu le livre je peux ajouter d'autres points positifs sur cette lecture: en premier l'humour. Ce roman en est bourré et ça soulage. Fini les longues interrogations sur le choix d'éternité, sur l'amour interdit et tout le tralala. En bonne fille raisonnable qui ne croît pas au paranormal Jessica se fait un plaisir de faire redescendre son fiancé sur terre, et ces deux-là passent presque tout leur temps libre à s'envoyer des pics (vive le sarcasme!). Le second point est le côté humain des vampires. Ici Lucius sort au soleil comme n'importe qui, joue au basket comme presque n'importe qui (un problème avec la taille, non pourquoi?), et s'efforce de ne pas critiquer les autres (comme tout le monde). Un vrai vampire version 2000 que nous avons là! Certes Lucius est un vampire éduqué par des vampires et a tendance à dire "instrument pour écrire" plutôt que "stylo" mais il peut aussi se révéler très immature et borné, voire casse-cou, et ça change des bruns ténébreux aux cheveux en pétard (je me répète encore une fois, j'ai beau rire jaune, j'adore la saga de Madame Meyer, faut pas croire). Le troisième point positif est le personnage de Jessica, on aime son côté réel avec ses questionnements d'ado, ses plaintes d'ado, ses problèmes d'ado et ça la rend plus que touchante et sympathique. 

En bref Comment se débarrasser d'un vampire amoureux a eu le droit à une deuxième chance et cette chance s'est révélée bénéfique: humour, romance, risque de conflits et de meurtres, on aime quand les mélanges donnent des petites bouffées d'énergie comme ça. Pas de coup de coeur parce que malgré les points positifs je trouve que l'histoire est tout de même trop simplette mais ce livre vaut vraiment le détour, "je dirais même plus" le détour dans une librairie pour aller chercher le tome 2, parce que là, à la lecture de résumé le scénario a l'air beaucoup mieux pensé.

dimanche 29 avril 2012

Ubel Blatt

Ubel Blatt, tome 0 à 10, E. Shiono, ed. Ki-oon. 

Chose promise, chose dû. Je vais maintenant vous parler quelques minutes d'un manga hors du commun puisqu'il a renouvelé la dark fantasy à lui tout seul (enfin, selon mon humble avis). Attention, pour ceux qui n'aiment pas savoir les choses à l'avance je vous ferais signe durant le résumé pour ne pas vous gâcher la découverte.

Ubel Blatt est une histoire de quête, oh! pas pour un trésor ou une princesse, non, il s'agit d'une quête de justice, de vérité. Dans un monde sombre, à l'atmosphère médiévale, où les pauvres sont plus que pauvres et les riches plus que dictateurs, une rumeur court: les Lances de la Trahison, quatre guerriers sanguinaires qui ont trahis leur couronne, seraient revenus d'entre les morts afin de prendre le pouvoir. Ils sèment la terreur et la mort sur leur territoire, mais depuis quelques mois on parle d'un nouvel héros: un homme balafré possédant une épée noire serait capable de leur tenir tête, et même, de les tuer (attention aux non-curieux, la lecture se poursuit plus en dessous pour vous!).

Résumé du tome 0. Le tome 0 est ce que l'on pourrait appeler le tome d'introduction, on suit le périple de Köinzell, un jeune semi-elfe avec une immense balafre à l'oeil gauche et habillé comme une vrai petit guerrier. Sur le territoire de Kfer, premier traître des Lances de la Trahison, on le repère déjà à cause de sa cicatrice et de son accoutrement mais il est trop jeune et trop petit pour pouvoir détruire toute une armée, tant pis, pour plus de sûreté les hommes de mains de Kfer décide de le tuer, on n'est jamais trop prudent. Seulement le jeune Köinzell tient à la vie et préfère sauter d'une falaise plutôt que de se faire trucider sur le bord d'une route. Les assassins le disent perdu mais c'était mal connaître la chance du jeune garçon, il tombe inerte aux pieds d'une jeune paysanne et de son petit frère qui le recueille, le soigne et s'occupe de lui sans rien demander en retour.
Là, des guerriers officiels, ceux qui viennent de la région encore riche de ce monde, viennent le voir: ils pensent que c'est bel et bien lui l'homme providentiel de la légende, celui qui détient "l'épée noire". Avec un tel guerrier dans leurs rangs ils pourraient sauver cette partie du pays qui sombre trop vite dans l'anarchie. Mais Köinzell refuse, il a déjà quelque chose à faire et ce rôle de héros ne l'intéresse pas. Et puis regarde-le: il n'a même pas vingt ans, et vu son apparence même pas quinze alors!
Mais c'était sans compter sur l'attaque du village. Kfer est bien décidé à dénicher le héros pour lui montrer qu'il est tout puissant. Le jeune semi-elfe ne répond pas à l'appel guerrier à s'apprête même à quitter le village quand Kfer lui assure qu'il est bien un revenant et que lui et les autres Lances de la Trahison vont un jour régner sur le monde. Là, le sang de l'adolescent ne fait qu'un tour et il prouve à tous que le titre de "puissant guerrier" lui revient de droit. Kfer? Il le tranche de ces lames noires aussi facilement que s'il était une feuille de papier, Köinzell est vraiment le héros alors! Les militaires venus le voir s'empressent de lui rappeler leur offre: entrer dans l'armée avec eux, mais là encore le héros du peuple refuse. Il a mieux à faire: il va se débarrasser de ces Lances de la Trahison, on le juge capable d'en tuer un mais alors lui tout seul contre trois fantômes c'est un peu fort! Pourtant il y parvient le bougre! Tout au long de ce tome 0, Köinzell les déniche et s'en débarrasse comme prévu, il détrône même le plus redoutable: Ascheriit, celui qui est capable d'utiliser la technique des "Ailes noires"
. Et pour cause: ces quatre ennemis n'étaient pas si morts que ça. Ils n'étaient que des guerriers assoiffés de pouvoir qui ont utilisé le noms de Lance de la Trahison pour terroriser et prendre le pouvoir plus aisément, contrôlant leurs hommes de main par la peur. Köinzell le sait depuis le début, et c'est pour cela qu'il tenait tant à les tuer. Il connaissait les Lances de la Trahison et leur histoire, pourtant tout ça remonte à vingt ans, il n'était pas né à l'époque. Mais son apparence physique est trompeuse, Köinzell est plus âgé qu'il n'y paraît et si on lui assure qu'il maîtrise mieux la technique des "Ailes noires" qu'Ascheriit c'est parce qu'il a eu le temps de se perfectionner depuis tout ce temps: c'est lui le véritable Ascheriit, et il est le seul à savoir ce qu'il s'est réellement passé avec les Lances de la Trahison.
A l'époque le royaume était menacé par une force maléfique, le roi a donc chargé ses quatorze plus grands chevaliers de sauver son pays, et leur confia les Lances Sacrées. Mais malgré une profonde complicité entre tous ces guerriers la peur de la mort prit le dessus et seuls quatre chevaliers (dont Ascheriit) termine dignement la mission. Seulement ils n'avaient pas sentis que la plus grande menace venait de leur propre groupe, les sept hommes restés à l'écart du combat ne souhaitent pas devenir la risée du royaume et préfèrent tuer leurs propres compagnons plutôt que de revenir honteux. Les quatre valeureux sont donc mis à mort, et les sept chevaliers rentrent gentiment au palais, gardant le secret à jamais caché. La légende des Sept héros est donc une supercherie et Ascheriit, survivant et pauvre innocent est bien décidé à venger la mort de ses amis. Il le dit haut et fort à la fin de sa tuerie, le sang n'a pas fini de couler, ce sera lui ou les Sept héros.

Suite de la chronique (amis non-curieux, vous pouvez reprendre la lecture): L'univers d'Ubel Blatt est un monde très riche et j'espère que mon résumé n'est pas trop brouillon, bien que fervente lectrice de cette saga j'ai moi même du mal à m'y retrouver parfois.
Le scénario est plutôt simple: un secret inavouable, un désir de vengeance et un héros qui surgit de nulle part, mais l'histoire est bien tournée et les sentiments, relations entre les personnages et secrets sont vraiment bien retranscrits. Ubel Blatt serait digne d'être adapté au cinéma, ça donnerait un spectacle haut en couleur.
  En ce qui concerne les personnages, je n'ai absolument rien à dire, tous ont leur bagage et si lourd et si bien  écrit qu'ils ont tous un rôle crédible (même le petit larbin de seconde zone, et si!). Ne serait-ce que pour Köinzell: ce personnage est grandiose. Il jongle entre la mort et la vie (au sens propre) et passe son temps à tromper et son entourage et le lecteur sur son âge et sa maturité. Avec son air de blasé fatigué il amuse, et lors des scènes de combat (époustouflantes) il terrifie et impose le respect. Il est l'un de ces personnages qui peuvent se permettre d'apparaître sur fond noir pour une couverture, rien qu'à le voir on sent qu'il a quelque chose qui sort de l'ordinaire.
L'atmosphère est très sombre et très cru. Pas comme pour The Arms Peddler pour qui les scènes crues se résume à des scènes de combat ou encore à des personnages féminins "un peu" dénudés, avec Ubel Blatt on a le droit autant à des vraies scènes de massacre (ouais, y'a du sang partout sur les pages, ça éclabousse) qu'a des scènes de sexe qui choquerait les plus jeunes (comme diraient certains: "Oh my god!"). Cette différence vient sans doute des héros principaux. Tandis que Sona (The Arms Peddler) n'est encore qu'un jeune adolescent, Köinzell a déjà pratiquement vécu toute une vie humaine et malgré son apparence; à la maturité d'un adulte.
Ce qui est bien avec ce manga c'est qu'on a le droit à des scènes de combat comme dans les films sur le Moyen-âge: y'a des épées. Bon, vous allez me dire qu'il y en a aussi dans d'autres mangas, mais là l'épée est l'arme de prédilection. A vrai dire je ne me souviens pas avoir vu la moindre arme à feu dans ce manga, ça repose des grosses explosions, mais en même temps ça rend les duels plus intéressants (ouais, un bras coupé ça repousse pas normalement).
Niveau dessin, il faut bien avouer que le niveau esthétique n'est pas aussi "beau" que d'autres mangas, c'est un style brut qui malgré les premières réticences parvient à nous dévoiler les traits fins et directs de l'auteur. Certains personnages ont un design de fou (comme Köinzell, vous en connaissez beaucoup de gens aux cheveux verts vous?) et eux ont peux les dire "beaux" pour notre plus grande joie.

En bref, j'en suis actuellement au tome 10 et depuis que j'ai appris que le tome 11 était sortit (je crois que j'ai un mois de retard sur l'info) je vais m’empresser de le trouver. Ubel Blatt n'est pas comme les autres mangas, il ne rend pas accro mais il détient un tel univers et une telle aventure que ne pas continuer la lecture serait un crime.
En un mot: Ubel Blatt est une quête, d'abord pour le personnage mais aussi pour le lecteur: il nous faut trouver le dénouement!

Avec l'avancée des tomes le dessin s'améliore nettement. 


The ARMS PEDDLER

 The ARMS PEDDLER, tome 1. K. Nanatsuki & N. Owl, ed. Ki-oon.

   Et ouais, sitôt rentrée de ses vacances sitôt derrière son ordi (suis-je accro? Non voyons! ^^"). Je crois avoir fait une énorme bourde en oubliant de préciser que j'adorais la dark fantasy. Si si, je parle bien de ce genre où le gore, le fantastique et l'adrénaline ne font qu'un. Ce n'est pas pour rien que j'adore les éditions Ki-oon qui nous on déjà offert de superbes séries comme Doubt, Judge, Tripeace ou encore Ubel Blatt (promis je vais les sortir de mes bibliothèques pour poster des articles dessus)! 
La dernière merveille de ces éditions est le manga The Arms Peddler, tombée dessus par hasard (enfin presque), je déprimais de ne rien trouver de bon dans le rayon de mangas quand j'ai été attiré par la couverture (assez simple ma foi), le dessin (je suis très difficile sur ça, alors quand ça me plait dès le début le manga a une chance folle!) et l'édition.
De quoi ça parle? Une jeune garçon voit sa famille mourir devant ses yeux et se trouve sur le point de mourir à son tour quand une vendeuse d'armes "aussi belle qu'insensible" lui vient en aide et le menace de mort si il refuse de lui servir d'assistant-esclave tant qu'il ne l'a pas remboursé les cents  pièces d'or qu'il lui doit après ce sauvetage. Premier avis: génial! 
Ni une ni deux je le prends et le temps d'un trajet en voiture entre la Fnac et la maison le manga est déjà terminé avec une horrible pensée dans le crâne: "pourquoi j'ai pas pris le tome 2?". 

Vous l'avez compris The Arms Peddler rend accro, pas que l'histoire soit trépidante parce que pour l'instant nous en sommes encore à la découverte des personnages et du monde dans lequel il vive avec les premiers chapitres tests (qui a lu Bakuman comprendra) -bien que les derniers chapitres du premier tome nous donne une vraie aventure, et en plus une princesse à sauver!- mais surtout pour l'atmosphère, la fin abrupte et les personnages en eux-mêmes. Un mangaka n'a pas le droit à l'erreur, aussi si il veut réussir à garder sa série sur les rails de l'édition il lui faut un scénario en béton, et le béton est quasiment armé comme un arsenal militaire ici. 
Le narrateur, car oui il y a bien un narrateur ici, est le jeune Sona, héros malheureux de cette aventure qui après avoir enduré la disparition de sa famille, une torture physique et mentale donnée généreusement par l'assassin de sa famille rencontre Garami, jeune femme vendeuse d'armes et (on le suppose) tueuse expérimentée  qui le prend sous son aile et lui fait découvrir un monde de non-droit où les monstres dévoreurs de vierges deviennent des dieux, où un fantôme vengeur réclame justice et où les gens sont vendus comme du bétail sans possibilité de fuite. On est dans un monde apocalyptique où ni la nature ni l'homme n'a réussi à prendre le dessus, alors on vit comme on peut, et on se protège des dangers comme on peut, à la force de l'arme ou de la magie.
Les dessins sont un niveau qui frôle la perfection pour la dark fantasy: réalistes avec un style lisse qui associe justement les scènes crues et le design "sensible" des personnages. 
Voilà, c'était tout ce que j'avais à dire sur ce premier tome, je sens que le tome 2 ne va pas tarder à arriver sur le haut de ma PAL.  Juste une question sur Garami: comment elle fait pour garder son maquillage intact? Surtout qu'il n'est pas discret...

Sona & Garami, je voulais juste montrer le style du design en fait...



mardi 17 avril 2012

Alera

Alera, Cayla Kluver, collection Msk, ed. du Masque.

   Encore un autre coup de coeur, je crois que je ne tombe que sur ça en ce moment. Mais bon, je vais pas me plaindre non plus! Aller, parlons un peu de cette Alera.

Alera, c'est le premier tome de la trilogie de Cayla Kluver, jeune demoiselle d'à peine 20 ans qui a écrit son premier roman a tout juste 16 ans et qui, il faut bien l'avouer, mérite bien son succès international.

Alera, c'est le nom de la fille aînée du roi, princesse d'Hytanica. Alera n'a pas de chance, alors qu'elle s'approche de sa majorité elle doit rapidement se trouver un mari car la loi interdit aux femmes de régner, et l'adolescente se retrouve coincée entre ses responsabilités et ses sentiments. Son père, le roi, lui a déjà choisi un prétendant: Steldor, mais le jeune homme est très imbu de sa personne, trop pédant et trop tout court pour l'héroïne qui malgré toute sa bonne volonté n'arrive pas à trouver un autre prétendant capable de satisfaire son père et le royaume. C'est sûr, c'est Steldor qui va l'épouser et régner, ça lui fait une belle jambe à Alera!
Elle, elle aimerait bien vivre encore un peu comme une princesse libre, faire des bêtises avec sa soeur cadette et  se poser des questions existentielles de son âge mais elle n'en aura bientôt plus l'occasion. C'est Steldor ou rien. Dommage pour elle.
Mais la vie n'est pas vraiment de cet avis et lors de son anniversaire la prêtresse du pays voisin et ennemi fait irruption dans le palais, rappelant à tout le royaume que la guerre n'est pas terminée entre les deux pays, malgré une apparente accalmie générale. Mais ce n'est pas la seule surprise: la prêtresse parvient à s'enfuir avec l'aide du garde du corps personnel d'Alera qui devient un traître et Narian, revient au pays alors que tous les croyait mort après sa mystérieuse disparition lorsqu'il n'était qu'un nourrisson.
Alera va chercher des réponses aux mystères qui l'entourent subitement, d'abord sur London, son garde du corps puis sur Narian, et enfin va essayer de comprendre le propre mystère qui lui tombe dessus. Alera tombe amoureuse, et pas du bon garçon.

   L'imagination de Cayla Kluver est encore un peu timide mais elle impressionne déjà pour la maturité de son histoire. Bien que ce soit simple rien n'est laissé à l'abandon et à la fin du premier tome on quitte la lecture avec des mystères résolus mais qui sont vite remplacés par d'autres.
Tous les personnages ont leur caractère propre et sont déjà bien encrés dans la réalité de l'histoire, pas une seule fausse note sur eux ou sur l'univers, mais plutôt sur la manière dont est raconté l'histoire: c'est un peu lent au début.
Il faut du temps pour que le grand mystère (à savoir Narian) arrive, et même une fois que tout est mis en place ça reste très calme comme lecture, on a presque l'impression de lire le journal intime d'Alera tellement les moments de pause (fêtes, pique-nique et invitations à prendre le thé) semblent nombreux (ou alors c'est que j'avais faim durant ma lecture).
A vrai dire, il n'y a vraiment qu'Alera pour m'énerver un tantinet (manque de bol c'est l'héroïne): elle est trop passive et passe son temps à vouloir changer ou au moins s'améliorer sans rien faire pour, d'où notre soulagement lorsque Narian arrive pour lui remettre les pendules à l'heure. J'ai toujours eu du mal avec les héroïnes un peu trop godiches, mais Alera s'en tire grâce à son caractère bien trempé (qui ressort surtout quand elle est en face de Steldor) et pour sa franchise.

Il ne faut pas oublier qu'il s'agit du premier tome qu'une trilogie aussi ce tome sert, évidemment un peu de base pour l'histoire mais je vais arrêter de me plaindre inutilement en finissant ma critique sur une note positive: ce livre rend accro. Et termine d'une manière si saugrenue (diantre!) qu'il nous faut absolument la suite, histoire d'être sûr de ce qu'on a lu à la fin du premier livre. Cayla Kluver sait déjà comment rendre une attente insupportable, bien joué!